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actu & culture


NATIONS UNIES - vendredi 18 septembre 2009 à 17h46

Des pré-négociations sur le réchauffement climatique à l'ONU


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Réunissez une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement dans une même pièce, laissez-les parler en privé, et espérez qu'ils concluent un accord sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Telle est la recette audacieuse mise en oeuvre par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en organisant un sommet international la semaine prochaine pour tenter de mettre au point d'ici la fin de l'année un accord instaurant des réductions contraignantes d'émissions de gaz à effet de serre.

"Avez-vous déjà vu plus d'une centaine de dirigeants du monde entier se retrouver pour négocier sur le climat le même jour au même endroit?", a lancé Ban Ki-moon lors de sa conférence de presse mensuelle.

Le temps presse: il reste trois mois avant le sommet de Copenhague, où 180 pays vont tenter d'adopter un nouveau protocole pour remplacer celui de Kyoto (1997) arrivant à échéance, et les négociations s'annoncent difficiles. Kyoto avait été un demi-succès en contraignant 37 pays industrialisés à réduire leur niveau d'émissions de gaz à effet de serre de 1990 de 5,2% d'ici à 2012.

Au lieu de vraies négociations, ce sommet de 24h organisé par Ban Ki-Moon encourage les responsables à discuter de manière informelle au cours de tables rondes, et à dépasser les intérêts nationaux.

Et l'attente est d'autant plus forte que le président américain Barack Obama va prononcer à cette occasion son tout premier discours devant les Nations unies, consacré exclusivement au changement climatique. Un discours qui interviendra 24 heures avant le début des discours que les chefs d'Etat et de gouvernement prononcent à l'occasion de l'Assemblée générale à New York.

"Désormais, je crois que quasiment tous les dirigeants mondiaux réalisent que c'est une question extrêmement urgente", a dit Ban Ki-moon. "Je reconnais qu'il ne s'agit pas pour autant d'un forum de négociation, mais d'une occasion pour que les responsables internationaux affichent une forte volonté politique" en la matière.

Il ne se passe pas un jour sans une mise en garde catastrophique de nouvelles fontes de glacier, de montée du niveau des mers ou sécheresse si un accord n'est pas trouvé à Copenhague.

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont adressé vendredi une lettre à Ban Ki-moon, le remerciant de son initiative et jugeant que "ce sommet doit être celui de la mobilisation politique pour parvenir à un accord mondial ambitieux à Copenhague", et "permettre un pas décisif": "nous devons y donner un mandat clair à nos négociateurs pour aboutir à un accord permettant de limiter l'élévation des températures dans le monde à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle", écrivent-ils.

La veille, à Bruxelles, les Vingt-sept avaient appelé à nouveau les Etats-Unis et la Chine, deux plus gros pollueurs mondiaux, et d'autres pays émergents, à réduire leurs émissions de gaz et ratifier un traité sur le climat.

Tout repose sur la Chine et les Etats-Unis, a reconnu Ban Ki-moon, mais le sommet Copenhague va également dépendre des crédits que Washington et les autres pays riches vont débloquer pour les pays en développement afin de les aider à réduire leurs émissions et instaurer des énergies propres.

Et si le sommet de Ban débouche sur une quelconque avancée, elle sera immédiatement transférée au G-20, qui rassemble à Pittsburgh (Pennsylvanie) les pays riches et puissances émergentes, les 24 et 25 septembre.

Ni pessimiste ni optimiste, Ban Ki-moon a cependant rappelé que le temps jouait contre eux. "Il ne reste que 81 jours avant Copenhague (...). Et les négociations s'avèrent incroyablement complexes". AP

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