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Le président du Parlement iranien Ali Larijani a rejeté mercredi les allégations de Mehdi Karroubi, l'un des candidats réformateurs à la dernière présidentielle, selon lequel plusieurs protestataires incarcérés après le scrutin contesté du 12 juin ont été violés par leurs gardiens.
Devant le Parlement, Ali Larijani a déclaré qu'une commission parlementaire n'avait trouvé aucune vérité aux allégations de viols lancées par Mehdi Karroubi ce week-end. "Cette histoire de détenus abusés sexuellement est un mensonge", a affirmé le président du Parlement, dont les propos étaient rapportés par l'agence officielle IRNA.
"Sur la base d'investigations précises et complètes conduites sur les détenus dans les prisons de Kahrizak et d'Evin, aucun cas de viol et abus sexuel n'a été trouvé", a-t-il expliqué.
Ce démenti rapide manifeste la volonté des conservateurs de discréditer les allégations de mauvais traitements généralisés qui contribuent à alimenter le mouvement de protestation des réformateurs qui accusent le président Mahmoud Ahmadinejad de leur avoir volé la victoire lors de la présidentielle du 12 juin.
Hossein Shariatmadari, un conseiller du guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, rédacteur en chef du journal ultraconservateur "Kayhan" avait exigé dans un éditorial publié mercredi que Mehdi Karroubi soit poursuivi pour ses allégations.
D'après Medhi Karroubi, plusieurs hommes et femmes détenus pour avoir pris part aux manifestations de protestation contre les résultats du scrutin présidentiel iranien du 12 juin ont été les victimes de viols avec violence par leurs gardiens au point d'en garder de graves séquelles physiques et mentales. Il a dit lundi avoir reçu des informations émanant d'anciens commandants militaires et autres hauts responsables iraniens.
Dimanche, le chef de la police iranienne avait reconnu que des manifestants arrêtés lors de la contestation post-élection présidentielle avaient été victimes de mauvais traitements. Le général Ismail Ahmadi Moghaddam, cité par les médias publics, avait toutefois affirmé que certains prisonniers morts en détention avaient succombé à des virus, et pas à la torture, comme l'affirme le camp réformateur.
Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées lors du mouvement de contestation qui a suivi l'élection controversée du 12 juin, qui a vu la victoire de Mahmoud Ahmadinejad. Au moins 30 personnes sont mortes dans les violences, selon les chiffres d'une commission d'enquête parlementaire, mais les ONG craignent que le bilan soit beaucoup plus lourd. La prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a évoqué une centaine de morts. AP
sb/v0274
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