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Le Conseil de sécurité de l'ONU a commencé mardi à débattre d'un projet de déclaration américain cherchant à condamner la Birmanie après la décision de la junte de prolonger l'assignation à résidence de l'opposante Aung San Suu Kyi.
Toute action a été repoussée d'au moins une journée en raison du scepticisme de la Chine, de la Russie, du Vietnam et de la Libye, alors que le président américain Barack Obama a estimé que la condamnation de la lauréate du prix Nobel de la paix constituait une violation du principe universel des droits de l'Homme et a appelé à sa "libération immédiate sans condition".
Dénonçant une "décision injuste", le chef de la Maison Blanche a jugé que son cas rappelait la condition d'autres prisonniers politiques privés de liberté en Birmanie pour demander la mise en place d'un gouvernement respectant la volonté, les droits et les aspirations de l'ensemble des citoyens.
Aung San Suu Kyi a tout d'abord été condamnée à trois ans de détention et de travaux forcés pour violation des conditions de son assignation à résidence à la suite de l'intrusion d'un Américain dans sa propriété à Rangoon, peine que la junte a réduite de moitié et commuée en 18 mois d'assignation à résidence.
La France avait demandé la tenue de la réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est déroulée à huis clos et s'est achevée au bout de moins d'une heure de discussions. "Il doit y avoir une réaction urgente du Conseil", a déclaré le Français Jean-Pierre Lacroix, chef du protocole.
L'ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU Susan Rice a déclaré que les Etats-Unis souhaitaient l'adoption d'une déclaration par les 15 membres du Conseil de sécurité condamnant la Birmanie pour avoir décidé de prolongé l'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi, âgée de 64 ans. La Chine, principal partenaire commercial de la Birmanie et la Russie ont bloqué par le passé une telle mesure.
La lauréate du prix Nobel de la paix a déjà passé 14 des 20 dernières années en détention, la plupart du temps en résidence surveillée.
L'ambassadeur britannique John Sawyers, qui assure ce mois-ci la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU, a déclaré que le débat reprendrait probablement mercredi après la présentation du projet de déclaration aux différentes capitales pour examen.
Le texte appelle la Birmanie à libérer Aung San Suu Kyi et tous les autres prisonniers politiques et fait état d'une "grave inquiétude au sujet de l'impact politique" de sa condamnation. Il préconise aussi la tenue d'élections libres et équitables l'an prochain "avec la pleine participation de tous les acteurs politiques" dont Aung San Suu Kyi.
Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU avaient appelé en mai dernier à la libération de l'ensemble des 2.100 prisonniers politiques en Birmanie, dont la lauréate du prix Nobel de la paix. AP
cr/v768/708/785
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