Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
Mot de passe oublié ?

Inscrivez-vous GRATUITEMENT


actu & culture


BANGKOK - vendredi 31 juillet 2009 à 12h00

La chouette effraie, une alliée précieuse pour lutter contre les rats au Laos



Confrontée aux ravages causés par les rats sur les récoltes de riz des paysans du Laos, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a décidé de s'attacher les services d'un allié précieux, la chouette effraie. En plus de la distribution d'aide alimentaire.

Depuis l'année dernière, plusieurs provinces du nord du Laos, l'un des pays les plus pauvres d'Asie, ont vu leurs récoltes de riz détruites par une véritable invasion de rats. Les pièges et autres pesticides ayant donné des résultats mitigés, la FAO a décidé de se lancer dans l'élevage de ces rapaces, prédateurs naturels des rats, pour mettre un terme à la situation et éduquer les villageois sur le rôle essentiel dans l'écosystème local de ces oiseaux, qui peuvent manger une dizaine de rongeurs par jour.

"Certains peuvent en rire, mais c'est un très bon oiseau qui peut faire beaucoup de bien", explique Serge Verniau, le représentant de la FAO au Laos. "Certains villageois mangent leurs chouettes. S'ils savaient qu'elles pourraient être leurs alliées contre les rongeurs, nous sommes convaincus qu'ils changeraient de comportement".

Selon M. Verniau, l'invasion de rats a débuté l'année dernière lorsque la floraison du bambou -qui se produit une fois tous les 50 ans environ- a fourni aux rongeurs des ressources de nourriture abondantes. Les rats ont ravagé plusieurs récoltes de novembre, notamment celles de riz et de sésame. Les cultures ont été détruites dans sept provinces du nord du pays.

Ces dégâts ont laissé plusieurs dizaines de milliers de personnes avec très peu de réserves de nourriture. La FAO est alors intervenue pour distribuer environ 5.000 tonnes de riz aux villages affectés. L'organisation onusienne estime à 130.000 le nombre de personnes touchées par la situation, dans un pays de plus de six millions d'habitants où la faim est déjà très répandue.

"Certains villageois ont tout perdu. Toutes leurs cultures ont été détruites l'an dernier. C'est pourquoi une aide humanitaire est urgente", souligne Serge Verniau.

Selon Elisabeth Faure, directrice par intérim du programme d'aide alimentaire de la FAO au Laos, cette invasion de rats est du type des catastrophes -telles que les inondations- qui font basculer dans la misère des familles déjà vulnérables. Le Laos est un des pays les plus pauvres d'Asie, où un enfant de moins de cinq ans sur deux souffre de malnutrition, et deux tiers de la population sont confrontés à des pénuries de nourriture.

"Quand je suis allée dans le nord, les paysans me disaient avoir vu leurs petits greniers à riz trembler et des nuées de rats manger tout autour d'eux. On aurait dit une mer de rats", explique Elisabeth Faure. "Beaucoup de gens avaient absolument tout perdu. C'est un gros choc, qui s'est ajouté à une situation déjà mauvaise".

Selon les biologistes, interférer dans les écosystèmes comporte des risques, particulièrement si l'on introduit de nouvelles espèces. Le projet de la FAO semble toutefois moins risqué, la chouette effraie étant un prédateur déjà établi dans l'écosystème laotien. AP

jp/v0/mw




Rechercher #iFrance#