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actu & culture


URUMQI, Chine - jeudi 09 juillet 2009 à 20h04

Emeutes dans le Xinjiang: le calme règne sur Urumqi en attendant la prière du vendredi



La vie reprenait progressivement ses droits jeudi à Urumqi, la capitale du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), où un imposant dispositif policier était visible après les violentes émeutes ethniques qui ont opposé Ouïghours, musulmans turcophones, et Hans, l'ethnie majoritaire en Chine, faisant au moins 156 morts et un millier de blessés depuis dimanche, selon un bilan officiel.

La situation dans cette province a contraint le président chinois à finalement renoncer à assister au sommet du G-8 en Italie. Hu Jintao devait assister à la réunion des puissances émergentes, organisée mercredi à L'Aquila (Italie) en marge du sommet du G-8 (Allemagne, Grande-Bretagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Russie). Mais il a préféré interrompre son voyage et rentrer à Pékin "en raison de la situation actuelle au Xinjiang", selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

L'agence de presse officielle Chine nouvelle a annoncé jeudi que les neuf membres du Comité central du Parti communiste (CCPC) s'étaient réunis dans la nuit pour discuter des émeutes du Xinjiang. A l'issue de cette réunion, le Politburo a évoqué un "événement criminel grave" fomenté par des forces étrangères.

Loin du pouvoir central, de nombreux Hans ont salué bruyamment l'arrivée à Urumqi des camions de la police qu'ils ont recouverts de banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Nous devons écraser les terroristes" ou encore "Opposons-nous au séparatisme ethnique et à la haine".

La présence policière était impressionnante dans cette cité de 2,3 millions d'âmes. Les policiers, en plusieurs endroits de la ville, aidaient au déchargement de camions de fruits et légumes vendus à même les trottoirs pour permettre aux habitants de s'approvisionner sans se rendre sur les marchés locaux, théâtre potentiels de violences.

Alors que la ville semblait sous contrôle, le prochain vrai test attendu par la population ouïghoure était la traditionnelle prière hebdomadaire de vendredi.

Après de nouvelles violences mardi et une nuit de couvre-feu, un calme précaire a régné mercredi dans les rues d'Urumqi, mais plusieurs milliers de policiers munis de bâtons, boucliers et fusils restaient déployés dans les principales rues et la grande place où les émeutes ont débuté dimanche.

Des hélicoptères, parallèlement, ont largué des tracts sur la ville, relayant un appel au calme du secrétaire local du Parti communiste. "Le secrétaire Wang invite chacun à rentrer chez soi et reprendre le travail", pouvait-on lire.

Les émeutes ont éclaté dimanche, en marge d'une manifestation de 1.000 à 3.000 musulmans ouïghours qui demandaient justice pour deux membres de leur communauté, tués le 25 juin lors d'une bagarre dans une usine du sud de la Chine avec des membres de l'ethnie han, majoritaire dans le reste de la Chine. Reporters sans frontières (RSF) s'inquiète de la disparition de l'économiste et blogueur (Uyghur Online, ) ouïghour Ilham Tohti, qui avait relayé des informations sur les émeutes à Urumqi et a appelé un ami mercredi juste après minuit pour dire qu'il allait être arrêté. APhttp://www.uighurbiz.cn

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