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actu & culture


MOSCOU - samedi 04 juillet 2009 à 16h46

Sommet Obama-Medvedev: l'occasion de relancer les relations américano-russes


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Organisé lundi et mardi à Moscou, le premier vrai sommet Etats-Unis/Russie depuis 2002 devrait donner lieu à des accords sur la réduction de leurs arsenaux nucléaires, le développement des échanges bilatéraux ou encore l'Afghanistan. Mais l'essentiel sera peut-être ailleurs: jeter les bases d'une relation apaisée entre les deux pays après des années de brouille.

Ce sommet sera une première pour le président américain Barack Obama et son homologue russe Dimitri Medvedev. "Ce sera une rencontre très importante qui permettra au fond de savoir si les Etats-Unis et la Russie peuvent travailler ensemble", explique Dimitri Trenine, directeur du Centre Carnegie de Moscou.

Les observateurs estiment que la réunion sera déterminante pour améliorer les relations américano-russes, qui bien que déjà tendues, se sont encore dégradées durant l'année écoulée à cause de la guerre russo-géorgienne d'août dernier et du projet américain de bouclier antimissile. Elles se sont toutefois légèrement réchauffées depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche.

Le simple fait d'organiser ce sommet a déjà permis à l'administration Obama d'atteindre l'un de ses objectifs, soulignent des analystes: mettre fin à la rhétorique hostile entre Washington et Moscou. De son côté, la Russie entend être reconnue comme un acteur majeur sur la scène internationale alors que l'administration Bush semblait parfois la considérer au mieux comme une simple puissance régionale.

Soucieuse de ménager Moscou, l'administration de Barack Obama a temporisé sur deux dossiers suscitant la colère du Kremlin: les candidatures de l'Ukraine et de la Géorgie à l'OTAN et le projet américain de bouclier antimissile en Europe centrale. Pour sa part, la Russie a cessé d'évoquer la construction de base militaires dans les Caraïbes et ne parle plus de pointer ses missiles vers l'Europe.

Les Russes ont également soutenu des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU contre la Corée du Nord suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai, après avoir refusé pendant des années tout accroissement de la pression sur Pyongyang.

Reste que si de nombreux points de désaccord ont été mis de côté, ils n'ont pas disparu pour autant. La Maison Blanche n'a pas enterré le projet de bouclier antimissile, et, si elle ne pousse plus à l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'OTAN, elle n'a pas désavoué les candidatures de Kiev et Tbilissi.

De son côté, la Russie ne semble pas disposée à durcir le ton à l'égard de Téhéran sur le dossier du nucléaire iranien. Et le Kremlin continue à considérer les anciennes Républiques soviétiques comme faisant partie de sa "zone d'intérêt privilégié" où elle entend maintenir son influence.

Une avancée sur l'un de ces dossiers épineux lors du sommet constituerait une percée majeure. Mais les observateurs s'attendent plutôt à des accords entre les deux parties sur d'autres sujets: l'acheminement de matériel militaire américain en Afghanistan, la réduction de leurs arsenaux nucléaires et la création d'une commission chargée de développer les échanges culturels et commerciaux entre les deux pays.

Tous les présidents américains ont tenté de tendre la main au peuple russe dans l'espoir d'influencer leurs dirigeants. Et Barack Obama ne fait pas exception. En plus de ses entretiens de lundi avec M. Medvedev et d'une entrevue le lendemain avec son Premier ministre Vladimir Poutine, le président américain devrait rencontrer l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, des chefs d'entreprise, des militants des droits de l'Homme et des membres de l'opposition.

"Nous ne voulons pas seulement réinitialiser les relations avec le gouvernement russe, mais aussi avec la société russe", explique Michael McFaul, conseiller de M. Obama sur la Russie. AP

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