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actu & culture


SYRACUSE, Etat de New York - vendredi 06 fevrier 2009 à 12h00

Les zoos américains eux aussi victimes du ralentissement économique



Dernières victimes du ralentissement économique américain: les animaux en cage. Face aux difficultés actuelles, plusieurs Etats envisagent en effet de réduire ou même supprimer le financement de nombreux zoos, aquariums ou jardins botaniques.

Confronté à un possible trou de 15,4 milliards de dollars dans son budget, le gouverneur de l'Etat de New York, David Paterson, a ainsi souhaité réduire de neuf à quatre millions de dollars le financement du Programme des zoos, aquariums et jardins botaniques dans son budget 2009. Avant de le supprimer purement et simplement en 2010.

"On ne peut pas licencier nos ours ou accorder un congé à nos lions de mer", explique John Calvelli, vice-président du département des affaires publiques de la Société de préservation de la faune (WCS), en charge de la gestion des zoos du Bronx et de Central Park, et de l'Aquarium de New York à Brooklyn.

L'Etat de New York n'est pas le seul Etat américain où les difficultés économiques font planer une menace sur les zoos, aquariums et jardins botaniques. En Californie, le conseil municipal de Los Angeles a ordonné fin 2008 la suspension des travaux pour une exposition au zoo de la ville consacrée aux éléphants et d'un montant de 42 millions de dollars. En Caroline du Nord, le zoo de l'Etat, situé à Asheboro, a récemment appris qu'il n'obtiendrait pas quatre millions de dollars destinés à des réparations et à des expositions, en raison d'un manque budgétaire.

Et l'année dernière, le budget du zoo de Kansas City a été réduit de 20%, tandis que celui du Maryland, à Baltimore, a dû fermer ses portes pendant quatre semaines au début de l'hiver pour faire des économies et amortir les réductions budgétaires décidées par le Parlement de l'Etat. En Floride, le zoo de Lowry Park a, lui, vu son budget réduit de deux millions de dollars.

Le financement des "musées vivants" reposent généralement sur les subventions d'Etat, d'organisations philanthropiques et d'entreprises, ainsi que des recettes provenant de la billeterie et des ventes de produits dérivés, explique Steve Feldman, directeur exécutif de l'Association des zoos et aquariums. "C'est plus compliqué pour certains que pour d'autres, en fonction de la variété de leur financement", souligne M. Feldman. "Mais presque tous sont contraints de réduire leurs dépenses et leurs coûts. Les réductions les plus importantes au niveau des Etats concernent toutefois New York".

Au total, les musées vivants de New York ont attiré plus de 12 millions de visiteurs en 2008, selon la Coalition du même nom. Le Zoo du Bronx et l'Aquarium de New York ont, pour leur part, généré plus de 289 millions de dollars l'année dernière.

Si, comme le souhaite le gouverneur Paterson, le budget était réduit, les responsables du zoo affirment qu'ils devront diminuer leurs personnels et les tarifs réduits, supprimer des programmes éducatifs et de promotion, et, au pire, fermer des expositions et transférer leurs collections vers d'autres établissements.

Car il est devenu plus difficile pour les zoos de lever des fonds privés destinés à leurs opérations basiques et à leur maintenance. Non seulement les dons des fondations ont diminué en raison des difficultés de Wall Street, mais celles-ci préfèrent généralement soutenir des programmes ou événements spécifiques plutôt que de payer pour les coûts de gestion.

Le Zoo du Bronx et l'Aquarium du Bronx pourraient perdre environ trois millions de dollars du fait de la proposition du gouverneur Paterson, soit l'équivalent de 30 postes, selon John Calvelli, qui précise que le zoo pourrait être contraint d'envoyer des animaux dans un autre Etat. "On comprend tous que nous avons des difficultés financières, mais il s'agit ici de travailler au scalpel, pas à la hache", résume-t-il. AP

jp/v237/mw




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