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actu & culture


WASHINGTON - dimanche 02 novembre 2008 à 19h45

Une campagne qui fera date aux Etats-Unis



Le compte à rebours a commencé: à quelques heures du Jour J, le démocrate Barack Obama semble bien placé pour devenir le premier président noir des Etats-Unis au terme d'une campagne qui apparaît d'ores et déjà historique.

Quelle que soit l'issue du scrutin, le 44e président des Etats-Unis devra immédiatement faire face aux pires difficultés économiques qu'ait connues le pays depuis la Grande dépression des années 1930.

Il travaillera presque certainement avec une majorité démocrate renforcée au Congrès, ainsi qu'au sein des assemblées des Etats américains et parmi les gouverneurs. Les sortants républicains à tous les niveaux seront en effet en danger lors des élections de mardi, huit ans après l'entrée de George W. Bush à la Maison Blanche.

Nombre de records auront été battus lors de la campagne et nombre de précédents inscrits. Pour la première fois depuis 1928, ni un président ni un vice-président sortant ne sont en lice. Exceptionnellement longue, la campagne des primaires démocrates est déjà entrée dans l'histoire avec un duel inédit entre une femme, l'ancienne Première dame Hillary Clinton, sénatrice de New York, et une jeune sénateur noir, Barack Obama.

Côté républicain, la campagne de John McCain, qui partait favori pour les primaires, a failli s'écrouler avant que le septuagénaire vétéran du Vietnam ne remonte pour battre ses rivaux et décrocher l'investiture. Avant de créer la surprise avec le choix de sa colistière, la gouverneure de l'Alaska Sarah Palin, première femme sur le ticket républicain.

La campagne présidentielle a suscité un intérêt d'une ampleur inégalée dans le pays et dans le monde, fasciné notamment par le parcours de Barack Obama. Plus de 200.000 personnes sont venues l'acclamer lors de son discours à Berlin dans le cadre de sa tournée à l'étranger en juillet. Aux Etats-Unis, ses meetings ont attiré des foules immenses: de 75.000 personnes à Portland dans l'Oregon, avant son investiture, à plus de 100.000 à Denver à une semaine du scrutin.

Et quelque 42,4 millions de spectateurs ont allumé leur poste assister à l'investiture d'Obama et de McCain lors des conventions nationales de leurs partis respectifs.

Avant le scrutin, le nombre de votes anticipés a atteint un niveau record: samedi soir, quelque 27 millions de votes par procuration ou votes anticipés avaient été enregistrés dans 30 Etats. Dans plusieurs Etats-clés du scrutin, les électeurs démocrates étaient plus nombreux à avoir voté de façon anticipée.

Ces derniers jours, Barack Obama a laissé transpirer sa confiance alors que les sondages semblent lui promettre une très large victoire. "Les dés sont en train d'être jetés au moment où nous parlons", expliquait le directeur de campagne du candidat démocrate David Plouffe.

Dans l'autre camp, John McCain continue à batailler, inspiré par le retournement de 1948, quand le démocrate Harry Truman l'avait emporté par surprise sur Thomas Dewey, contre tous les pronostics. "Nous sommes en train d'observer, je crois, l'une des plus grandes remontées depuis que John McCain a remporté la primaire", assure son directeur de campagne Rick Davis.

Les républicains partaient avec un handicap dès le départ, les électeurs renvoyant souvent le parti qui a été aux commandes pendant deux mandats. Mais cette année, d'autres facteurs plus importants ont joué contre le parti de l'éléphant: la guerre en Irak, entrée dans sa sixième année, et la crise à Wall Street qui s'étend à toute l'économie.

Le camp républicain se prépare donc à subir de lourdes pertes. "L'atmosphère est plutôt toxique par ici", résume le sénateur du Nevada John Ensign, qui coordonne la campagne des républicains.

Les démocrates sont conscients de leurs chances de retour en force: "Les choses se présentent bien", reconnaît le représentant démocrate du Maryland, Chris Van Hollen, qui pilote le comité de campagne du parti à la Chambre.

Les démocrates visent une majorité de 60 sièges sur 100 au Sénat, qui les mettra à l'abri des manoeuvres dilatoires des républicains. A la Chambre, une vingtaine de sièges sont prenables. Même chose au niveau des gouverneurs des Etats et des assemblées locales.

L'enjeu est aussi de taille car les gouverneurs et les assemblées élus le 4 novembre pour quatre ans contribueront à redessiner les circonscriptions législatives et sénatoriales sur la base du recensement de 2010. AP

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