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actu & culture


PARIS - mercredi 06 aout 2008 à 17h31

Nicolas Sarkozy à Pékin vendredi malgré les protestations



Les chefs d'Etat et de gouvernement se bousculeront vendredi dans le stade olympique de Pékin pour l'ouverture des Jeux, avec une centaine de dignitaires de haut rang attendus. Parmi eux, Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, venu passer quelques heures en Chine malgré les protestations des défenseurs des droits de l'Homme.

Attendu vendredi matin à Pékin, le président français doit se rendre au Palais du peuple pour un déjeuner offert par le président chinois Hu Jintao aux dirigeants étrangers. Après une rencontre avec des athlètes français au village olympique, il s'entretiendra avec M. Hu, puis avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao, avant d'assister à la cérémonie d'ouverture des JO.

Dans les tribunes du "nid d'oiseau", Nicolas Sarkozy retrouvera le président américain George W. Bush, le brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le Premier ministre russe Vladimir Poutine ou encore le Premier ministre australien Kevin Rudd.

La chancelière allemande Angela Merkel sera absente, comme le Premier ministre canadien Stephen Harper. Le Premier ministre britannique Gordon Brown préfère quant à lui assister à la cérémonie de clôture. Seul le président du Parlement européen, l'Allemand Hans-Gert Pöttering, boycotte officiellement Pékin.

Cette affluence de dignitaires étrangers reflète le nouveau poids de la Chine, géant économique avec lequel peu de dirigeants ont osé risquer de se fâcher. "Cela rappelle l'ancienne tradition chinoise, quand les dirigeants du monde entier venaient présenter leurs respects" à l'empereur, ironise Xu Youyu, professeur de philosophie à la retraite. "Les Jeux olympiques, cela permet aussi de montrer à votre peuple que le reste du monde reconnaît votre légitimité et soutient votre gouvernement."

Nicolas Sarkozy a été le seul à provoquer un froncement de sourcils chinois en laissant entendre qu'il pourrait boycotter la cérémonie d'ouverture, alors que la répression s'abattait sur le Tibet en mars dernier. Ses hésitations, puis les nombreux incidents qui ont émaillé le parcours de la flamme à Paris ont tendu les relations entre Paris et Pékin.

Depuis, la France s'efforce de réparer les dégâts. Après avoir envoyé des émissaires en Chine, Nicolas Sarkozy a finalement confirmé sa venue à Pékin, au grand dam des défenseurs des droits de l'Homme.

"Je veux y aller, parler des droits de l'Homme et les défendre", s'était-il justifié le 10 juillet dernier. "Ce n'est pas par l'humiliation de la Chine qu'on fera progresser cette question des droits de l'Homme, mais par un dialogue franc et direct."

Vivement interpellé par Daniel Cohn-Bendit dans l'enceinte du Parlement européen, Nicolas Sarkozy devrait apporter avec lui une liste de prisonniers politiques, que le député européen Vert indique avoir établie à sa demande.

La présence du chef de l'Etat à Pékin est "une fierté" pour les athlètes français, a affirmé mercredi sur France-Info le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte. Pour le reste, ils "ne sont pas là pour faire de la politique".

Quant à la brièveté de la visite du président français, elle s'explique par un agenda chargé, a-t-il avancé. "Il a tellement de travail que, sincèrement, s'il avait pu rester plus, il l'aurait fait", a affirmé M. Laporte. Nicolas Sarkozy est en vacances dans le sud de la France depuis fin juillet.

Reporters sans frontières (RSF) a appelé à manifester vendredi devant les ambassades de Chine à Londres, Madrid, Berlin, Paris, Washington et Stockholm. Parallèlement, une "cybermanifestation" aura lieu sur le site .http://www.rsfbeijing2008.org

Pour Patrick Devedjian, Nicolas Sarkozy "a raison" d'aller à Pékin. La Chine n'est pas "une démocratie achevée, loin de là. Mais je ne pense pas que l'on favorise l'évolution de la Chine en l'humiliant", explique le secrétaire général de l'UMP dans le journal "La Croix" à paraître jeudi.

Nicolas Sarkozy ne pourra pas souffler pour autant vendredi soir. Dès la semaine prochaine, il devra à nouveau choisir entre la susceptibilité chinoise et les droits de l'Homme, avec l'arrivée en France du Dalaï Lama.

Agacé par les menaces de l'ambassadeur de Chine en France Kong Quan, le président français avait laissé entendre qu'il pourrait s'entretenir avec le leader tibétain. "Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda, ni de dicter mes rendez-vous", avait-il lancé le 10 juillet. Mais aucune rencontre n'a encore été officiellement confirmée, alors que 78% des Français souhaitent que le président reçoive le Dalaï Lama, selon un sondage IFOP paru le 17 juillet.

"Le programme de rencontres n'est pas encore finalisé", affirmait le Quai d'Orsay le 1er août. Seul le Sénat a fait savoir que le Dalaï Lama serait reçu le 13 août par les parlementaires membres des groupes sur le Tibet. A huis clos. AP

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