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Barack Obama a achevé samedi à Londres sa tournée en Afghanistan, au Moyen-Orient et en Europe, se justifiant sur ce déplacement alors que son rival républicain John McCain visitait les Etats ruraux américains et axait sa campagne sur les questions économiques. Le futur candidat démocrate à la présidentielle a fait valoir que nombre des problèmes aux Etats-Unis seront résolus plus efficacement avec des "partenaires forts à l'étranger".
Le sénateur de l'Illinois avait entamé le 19 juillet à Kaboul sa première grande tournée à l'étranger, destinée à renforcer auprès des Américains sa crédibilité en matière de politique étrangère. John McCain a fait de l'inexpérience supposée de son rival dans ce domaine un de ses principaux thèmes de campagne.
Barack Obama s'est successivement rendu en Afghanistan, en Irak, en Jordanie, en Israël, en Cisjordanie, avant de prendre la direction de l'Europe: l'Allemagne, où il reçu un accueil digne d'une rock star, puis la France où il a rencontré vendredi le président Nicolas Sarkozy, avant la dernière étape londonienne ce samedi.
M. Obama s'est entretenu avec l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, puis avec l'actuel chef du gouvernement Gordon Brown, sans oublier le chef de l'opposition conservatrice David Cameron.
Tirant devant les journalistes un premier bilan de son déplacement, Barack Obama a estimé que cette visite était importante car "plusieurs des problèmes auxquels nous sommes confrontés à domicile ne vont pas se résoudre de manière aussi efficace si nous n'avons pas de partenaires forts à l'étranger". Il a cité en particulier l'Irak et l'Afghanistan.
Le sénateur de l'Illinois a toutefois reconnu que ce voyage n'aurait pas forcément un impact positif sur la campagne présidentielle et a même dit s'attendre à une baisse dans les sondages. "Nous avons été en dehors du pays pendant une semaine. Les gens sont inquiets des prix de l'essence et des saisies hypothécaires", a-t-il souligné.
La visite du candidat démocrate en Grande-Bretagne s'est déroulée dans la sobriété, tout comme son étape française, en contraste avec Berlin et les 200.000 personnes venues écouter son discours. Les différents responsables britanniques ont pris soin d'afficher leur neutralité et de ne pas donner l'impression de favoriser l'un ou l'autre des candidats.
S'exprimant devant le 10, Downing Street à l'issue de deux heures d'entretiens, le sénateur de l'Illinois a tenté de consoler Gordon Brown, dont la popularité est en chute libre. "On est toujours plus populaire avant d'être réellement aux commandes. Une fois que c'est vous le responsable, vous faites forcément des mécontents", a-t-il noté, se gardant bien pour autant de donner des conseils à son hôte.
Les deux hommes ont fait quelques pas dans les jardins de la résidence du chef de gouvernement et se sont surtout entretenus de l'Afghanistan, front central dans la lutte contre le terrorisme, a réaffirmé M. Obama durant sa tournée. Le sénateur a rappelé que les forces britanniques y avaient payé "un lourd tribut" et a évoqué un nécessaire "partage du fardeau".
Depuis l'Arizona, John McCain a de nouveau critiqué la nécessité de cette visite à l'étranger. "Avec toute cette couverture médiatique haletante à l'étranger, et avec le sénateur Obama qui s'adresse désormais au peuple du monde, je commence à me sentir un peu mis de côté. Et peut-être vous aussi", a-t-il lancé dans une déclaration transmise à la presse samedi.
Barack Obama lui a répondu en soulignant que le sénateur de l'Arizona "a visité chacun de ces pays depuis les primaires". "Cela ne m'étonne donc pas que nous n'ayons fait que ce qu'a fait la campagne de McCain, c'est-à-dire reconnaître qu'une partie du travail du prochain président, le commandant en chef, est de nouer des relations efficaces avec nos alliés", a-t-il expliqué. AP
nc-ll/v0254/sb/jp/v
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