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Nicolas Sarkozy et Thabo Mbeki se sont efforcés vendredi de minimiser leurs différends autour de la crise politique au Zimbabwe, lors du premier sommet Union européenne-Afrique du Sud à Bordeaux.
Le président sud-africain, bien que médiateur dans la crise, est plutôt bien disposé envers Harare, alors que l'UE, présidée en ce moment par la France, a haussé le ton en renforçant les sanctions contre le régime Robert Mugabe.
Réunis à Bordeaux, les présidents français et sud-africain ont apporté leur soutien aux pourparlers en cours entre pouvoir et opposition sur la situation au Zimbabwe.
"L'Europe n'accepte pas certaines images et certains comportements", a cependant prévenu Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Mbeki et le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso. Il a souligné "l'horreur qu'ont suscitée les images de violence à la suite des élections du premier tour, au mois de mars dernier".
"Il y a une grande vigilance européenne, même s'il y a un grand soutien de l'Europe à la médiation conduite par le président Mbeki", a ajouté le président français.
"Nous sommes tous d'accord pour considérer qu'ils est important que les partis politiques du Zimbabwe progressent de façon urgente vers un accord", a déclaré de son côté Thabo Mbeki.
Les deux hommes ont largement éludé la question des sanctions, soutenues par l'Union européenne, mais critiquées par le président sud-africain.
Robert Mugabe et le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai ont signé un accord-cadre lundi pour lancer ces pourparlers sur un partage du pouvoir, destinés à sortir le pays de la crise qu'il vit depuis trois mois.
Thabo Mbeki a convaincu les parties de boucler les négociations sous deux semaines, alors que la pression internationale augmente. L'Union européenne a élargi mardi sa batterie de sanctions contre le régime de Harare.
Outre le durcissement des sanctions contre Mugabe et son entourage, l'UE a ainsi augmenté de 37 noms sa liste noire qui en comptait déjà 131. Les avoirs des personnes visées sont désormais gelés et elles sont interdites de voyager en Europe.
L'ambassade des Etats-Unis au Zimbabwe a quant à elle annoncé vendredi que Washington étudiait un renforcement des sanctions contre des ressortissants zimbabwéens tenus pour responsables des violences électorales meurtrières.
En tête à l'issue du premier tour du scrutin le 29 mars, Morgan Tsvangirai avait fini par se retirer du second tour du 27 juin qui l'opposait à Robert Mugabe, en raison de l'escalade des violences contre ses partisans, qui ont fait au moins 120 morts. M. Mugabe, seul candidat, a donc remporté en juin un scrutin dénoncé par la communauté internationale.
MM. Sarkozy et Mbeki ont également évoqué vendredi la situation au Soudan, alors que le procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo a demandé l'inculpation président soudanais Omar el-Béchir pour dix chefs, dont trois pour génocide, cinq pour crimes contre l'humanité et deux pour crimes de guerre au Darfour.
"D'un commun accord, l'Afrique du Sud et l'Union européenne, nous appelons le président Béchir à faire les gestes et les efforts nécessaires pour que la communauté internationale comprenne qu'il a reçu le message qui lui a été adressé", a déclaré Nicolas Sarkozy. AP
co/v/nc
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