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actu & culture


BOGOTA - dimanche 20 juillet 2008 à 20h03

Colombie: des "marches pour la paix" pour demander la libération des otages


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"Libérez-les maintenant". Des centaines de milliers de personnes, vêtues de blanc et agitant le drapeau national, défilaient dimanche dans les grandes villes de Colombie, notamment à Bogota, réclamant lors de "marches pour la paix", à l'occasion de la fête nationale, la fin des violences et la libération des quelque 700 otages aux mains des FARC et de toutes les autres personnes séquestrées.

Selon le chef de la police de Bogota, le général Rodolfo Palomino, on comptait environ 20.000 personnes au départ de la manifestation dans la capitale, sous la surveillance de plus de 17.500 policiers. Entre Cali, Manizales et Barraquilla, aux quatre coins du pays, les manifestants étaient environ 200.000.

En plus de la Colombie, des manifestations similaires étaient prévues dans une quarantaine de pays. Les chaînes de télévision colombiennes, qui assurent une couverture exhaustive de l'événement, retransmettaient sans relâche des images des "marches pour la paix" au Salvador, au Honduras, en Bolivie, au Brésil, en Espagne et aux Etats-Unis. Une manifestation avait également eu lieu à Lima samedi.

En France, un "Concert pour la liberté" s'est tenu dimanche sur l'Esplanade du Trocadéro à Paris, en présence notamment de l'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, libérée le 2 juillet avec 14 autres otages. S'adressant au nouveau chef des FARC, Alfonso Cano, elle a appelé les guérilleros à faire la paix maintenant et à échanger leurs fusils contre des roses. La star colombienne Juanes, ainsi que l'acteur et chanteur espagnol Miguel Bosé étaient notamment présents au concert parisien.

L'idée de ces "marches pour la paix" à l'occasion de la fête de l'indépendance avait été lancée le 2 juillet par le policier Julio César Buitrago, l'un des 15 otages, quelques heures à peine après sa libération. Il avait alors rappelé que du fond de la jungle, les otages avaient été confortés par les précédentes marches de soutien, le 4 février, premier grand élan de mobilisation nationale à l'heure où les FARC libéraient, unilatéralement et en deux vagues, six de leurs otages "politiques", dont le bras droit d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas.

L'ancienne candidate à la présidence de Colombie s'était immédiatement jointe à l'initiative du policier, les organisations de soutien leur emboîtant le pas.

"Libérez-les maintenant! Unis pour la liberation de tous les otages", pouvait-on lire sur les pancartes, alors que les manifestants entonnaient l'hymne national, scandant "liberté, liberté, liberté!", lâchant des ballons blancs ou aux couleurs du drapeau national. Un groupe d'une vingtaine de personnes portaient des chaînes autour du cou pour symboliser les conditions de détention des otages.

A Leticia, ville-frontière dans la jungle, la fille du pays, Shakira, a entonné l'hymne national colombien au cours d'une parade militaire en présence du président Alvaro Uribe et de ses homologues brésilien Luiz Ignacio Lula da Silva et péruvien Alan García. La pop star colombienne devait ensuite donner un concert.

"Ce qui est important, ce n'est pas seulement le nombre de participants, mais aussi le sentiment qu'a ce pays de fermer tout l'espace (...) à ceux qui pratiquent la violence", a déclaré à l'Associated Press le vice-président Francisco Santos avant de rejoindre les manifestants de Bogota.

Santos, qui a lui-même passé plusieurs mois comme otage aux mains des "narcos" en 1990, a jugé qu'il fallait dire aux groupes illégaux que "leur combat est terminé. La seule option qui leur reste est de s'asseoir pour une négociation sérieuse au cours de laquelle ils déposeront les armes".

"Le peuple colombien n'a plus peur, l'indignation règne", tout comme "la rage et la détermination des gens à arrêter ce calvaire", a renchéri Liduine Zumpolle, directrice de l'ONG "Manos para la Paz", qui rassemble d'anciens guérilleros colombiens ayant rendu les armes.

Les FARC sont à leur plus bas niveau, 2008 ayant été marquée par la mort de plusieurs des leaders de la guérilla, dont son No2 Raul Reyes, tué en mars dans un raid de l'armée colombienne en Equateur, et son chef historique Manuel Marulanda. La réussite de la spectaculaire opération de libération de 15 otages, le 2 juillet, leur a porté le coup le plus dur en 44 années d'existence. Fort de l'écrasante popularité qu'il y a pour sa part gagné, le président Uribe a depuis gelé les efforts de médiation internationale en cours avec la guérilla. AP

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