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Au lendemain de sa libération, Ingrid Betancourt ne savait pas encore jeudi quel serait son avenir politique, après six ans de captivité aux mains des FARC. Mais la charismatique candidate à l'élection présidentielle de 2002 en Colombie garde la flamme pour contribuer à faire "bouger" les choses dans ce pays et libérer les otages encore détenus par la guérilla d'inspiration marxiste.
La sénatrice franco-colombienne a retrouvé jeudi ses deux enfants à l'aéroport de Bogota où venait de se poser l'avion de la présidence française. Elle a fait part aux journalistes, sur le tarmac, de son impatience à revenir au plus vite dans sa "douce France", où elle était attendue vendredi après-midi.
Après avoir assuré la veille qu'elle aspirait toujours à la présidence de la Colombie, l'ancienne candidate écologiste a semblé plus prudente.
Ingrid Betancourt ne "sait pas" encore quel sera son avenir politique. "Je voudrais prendre une décision tranquille", ne pas "pousser les choses", a-t-elle déclaré, interrogée par France 2. "Si jamais je peux servir, je voudrais servir, sinon il y a d'autres façons de servir. Je voudrais simplement trouver un moyen d'être utile, celui qui soit le plus favorable", a-t-elle ajouté.
Tout juste libérée, Ingrid Betancourt réfléchit déjà "à comment on va agir". La "première chose qu'il faut faire c'est un appel au président (vénézuélien) Chavez et au président de l'Equateur (Rafael) Correa pour qu'ils nous aident à retrouver les liens d'amitié, de fraternité et de confiance avec le président (colombien) Uribe. C'est une étape essentielle pour pouvoir obtenir d'autres libérations unilatérales", a ajouté Ingrid Betancourt.
Elle préconise d'inviter "d'autres acteurs régionaux pour qu'ils nous aident, pour que cela commence à bouger", citant notamment la présidente argentine Cristina Kirchner.
"Il faut faire comprendre au commandement des FARC qu'il faut laisser le chemin du terrorisme et qu'ils retrouvent le chemin de la négociation, de la conciliation, et de la paix. C'est une première étape", selon elle. Le "plus important" est que "chaque Colombien ressente que son attitude peut faire la différence. Chacun d'entre nous peut obtenir que nos frères qui sont dans la jungle reviennent".
Il "faut des changements en Colombie mais démocratiquement", a souligné celle qui a fait campagne contre la corruption et les guérillas. Elle espère la création d'une "ligue, une organisation de paix nouvelle et qui se batte de façon fraternelle pour obtenir la liberté d'autres otages dans le monde".
Ingrid Betancourt "pense en Birmanie au cas d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et opposante depuis longtemps. Nous aussi, on peut marcher et être solidaires avec d'autres êtres humains qui vivent ces drames", car "ce que nous avons vécu nous donne le droit de lutter pour d'autres personnes", a-t-elle estimé.
"Dans le monde, il y a beaucoup de personnes, de communautés qui veulent nous aider, ont agi pour notre liberté. Elles doivent continuer à nous aider pour la liberté de tous les Colombiens et obtenir la fin des kidnappings en Colombie", a lancé la sénatrice franco-colombienne. AP
ljg/ll/st
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