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actu & culture


PARIS - jeudi 03 juillet 2008 à 17h21

Ingrid Betancourt impatiente de revoir sa "douce France"


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Tout juste libérée mercredi soir, Ingrid Betancourt clamait son amour pour sa "douce France" et son impatience à revenir au plus vite dans le pays où elle a passé une grande partie de sa vie et qui s'est beaucoup mobilisé pour sa libération, tout au long de ses six ans de captivité aux mains des FARC.

Née en 1961 dans une famille très impliquée dans la vie politique colombienne, Ingrid Betancourt est arrivée enfant à Paris, lorsque son père Gabriel a rejoint l'UNESCO. Elle y a passé une grande partie de son enfance, dans un immense appartement richement meublé, et y a fait ses études, à l'institut des Sciences politiques, "Sciences po".

C'est là qu'elle a rencontré son premier mari, le futur diplomate Fabrice Delloye, avec qui elle a eu deux enfants, Mélanie et Lorenzo. Elle y noue aussi de solides relations, comme avec l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, "mon ami", qu'elle a remercié pour son soutien.

Paris reste aussi le domicile de sa soeur Astrid et de ses deux enfants, qui ont rejoint leur père après des menaces de morts reçues quand, sénatrice colombienne haute en couleur, Ingrid Betancourt faisait campagne contre la corruption et les guérillas.

"Je suis colombienne mais je suis française, mon coeur est partagé", a résumé l'ex-otage franco-colombienne dès sa libération. "Ma douce France", a-t-elle soupiré, affichant son souhait d'être enterrée dans l'Hexagone.

Très vite après avoir recouvré la liberté, elle a donc décidé de manquer une manifestation prévue en Colombie vendredi pour revenir le plus rapidement possible en France, suivant son "rêve". Suivant aussi son besoin d'exprimer sa gratitude envers les Français qui se sont mobilisés, autour de ses proches, pour une vaste campagne visant à obtenir sa libération ainsi que celle des quelque 700 autres otages retenus dans la jungle colombienne, selon le gouvernement colombien.

"Si je suis vivante aujourd'hui, c'est grâce à eux", a-t-elle remercié. "C'est le moment de dire aux Français que je les remercie, que je les admire et que je me sens fière d'être également française." "Je vous remercie du temps que vous m'avez consacré, des luttes que vous avez donné en ma défense", a-t-elle lancé à l'adresse de la population française.

Elle a notamment salué l'action du président Nicolas Sarkozy, "qui a tant lutté pour moi avec ma famille", et le rôle de son prédécesseur Jacques Chirac "qui nous a tendu la main dans les moments où lutter pour les otages en Colombie était politiquement inconvenant".

"Je voulais dire que le président Sarkozy, et à travers lui, à tous les Français, qu'ils ont été notre soutien, notre lumière, notre phare", a-t-elle ajouté. Ingrid Betancourt devrait être accueillie par le président de la République vendredi après-midi à son arrivée en France.

L'ancienne otage passera "quelques jours" dans le pays, mais n'a pas arrêté ses intentions pour l'avenir. "Je ne sais pas encore ce que je vais faire", a-t-elle répondu, interrogée sur France-2 peu après ses retrouvailles avec ses enfants à Bogota. Ce qui ne l'a pas empêchée d'évoquer la situation des otages restants en Colombie ou de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi. "Je voudrais simplement trouver un moyen d'être utile, celui qui soit le plus favorable", a expliqué Ingrid Betancourt. AP

lp/ljg/st




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