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Le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai a affirmé mercredi que la seule médiation du président sud-africain Thabo Mbeki ne pourrait parvenir à des "progrès significatifs" et a appelé à la participation de l'Union africaine (UA). L'Union européenne a, de son côté, indiqué que Tsvangirai devait être le Premier ministre d'un éventuel gouvernement de partage du pouvoir.
Sans la participation d'au moins un représentant de l'UA, "aucun progrès significatif ne pourra être fait pour résoudre la crise au Zimbabwe", a déclaré Morgan Tsvangirai lors d'une conférence de presse depuis son domicile à Harare, la capitale zimbabwéenne. Il s'exprimait alors que l'UA, lors de son sommet à Charm el-Cheikh (Egypte), a confirmé mardi Thabo Mbeki dans son rôle de médiateur pour tenter de trouver une issue à la situation.
Morgan Tsvangirai a à plusieurs reprises appelé au retrait de Mbeki, qui assure une médiation depuis un an, estimant que son refus de critiquer publiquement le leader zimbabwéen Robert Mugabe équivalait à une reconnaissance tacite de son régime.
A Bruxelles, l'Union européenne a, de son côté, affirmé que Morgan Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), devait être le Premier ministre en cas d'accord sur un gouvernement de partage du pouvoir avec Robert Mugabe.
Le porte-parole John Clancy a expliqué à la presse que Bruxelles soutenait les efforts de l'UA pour parvenir à la formation de ce gouvernement.
"Il est essentiel que la volonté du peuple zimbabwéen soit reflétée, et, bien sûr, lors du premier tour de l'élection présidentielle Morgan Tsvangirai a obtenu une majorité de voix avec 47%", a-t-il déclaré. "Voilà pourquoi tout gouvernement de transition doit inclure Tsvangirai en tant que Premier ministre, ou chef de gouvernement avec les capacités nécessaires pour faire en sorte que les réformes soient faites".
Ces déclarations interviennent alors que le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dont le pays occupe pour six mois la présidence tournante de l'UE, a qualifié lundi le régime Mugabe d'"illégitime".
John Clancy a également indiqué que Bruxelles étudiait la possibilité de nouvelles sanctions contre Robert Mugabe et son gouvernement, en plus de celles déjà en place qui imposent des restrictions de déplacement et le gel des avoirs du président zimbabwéen, de ses ministres et des responsables de son parti, la ZANU-PF. L'UE pourrait notamment interdire aux sociétés européennes de faire des affaires au Zimbabwe.
Morgan Tsvangirai est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle en mars, mais s'est retiré du scrutin peu avant le second tour vendredi dernier en raison des pressions exercées sur son camp. Robert Mugabe, devenu seul candidat en lice, a été réélu dimanche pour un sixième mandat. AP
jp/v279
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