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actu & culture


BAGDAD - mercredi 02 juillet 2008 à 14h42

Le Hezbollah aurait entraîné des miliciens chiites en Irak, selon des informations AP


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Des agents libanais du Hezbollah ont entraîné des miliciens chiite dans des camps du sud de l'Irak avant de se replier en Iran il y a trois mois pour poursuivre leurs activités, ont déclaré à l'Associated Press trois sources irakiennes -deux parlementaires chiites et un haut gradé de l'armée.

Selon ces responsables ayant requis l'anonymat, ces membres de la milice libanaise chiite, dix à la fois aux maximum, ont également été impliqués dans quelques-unes des attaques les plus audacieuses contre les forces menées par l'armée américaine en Irak, dont un raid contre un complexe du gouvernement provincial à Kerbala qui a tué cinq Américains en janvier 2007.

Ces allégations formulées lors d'entretiens accordés séparément par ces trois responsables à l'AP suggèrent une influence de l'Iran en Irak voisin, mais également que le Hezbollah déploie des efforts pour élargir son combat contre les Etats-Unis au-delà du théâtre libanais.

Concernant l'Iran, ces éléments semblent confirmer que le régime chiite de Téhéran a fait une priorité de l'Irak afin de s'imposer comme l'acteur principal dans ce pays à majorité chiite, au détriment des Etats-Unis, et en reléguant ses intérêts au Liban au second rang.

"Les enjeux sont beaucoup plus importants en Irak, où il y a une majorité chiite, du pétrole, les villes saintes et des frontières avec l'Arabie saoudite", estime le député chrétien libanais Farid al-Khazen, dont la formation est alliée au Hezbollah. "La grande affaire, c'est l'Irak, et les Américains l'ont involontairement ouvert aux Iraniens" en envahissant le pays en 2003, rappelle-t-il.

L'Iran, qui soutient le Hezbollah, dément de son côté formellement les accusations américaines selon lesquelles il aide des extrémistes chiites en Irak. Mais les sources interrogées par l'AP ont expressément souligné que les Iraniens avaient préféré dépêcher en Irak des instructeurs du Hezbollah pour des raisons pratiques: en tant qu'Arabes, ils communiquent mieux avec leurs contacts irakiens et se fondent plus facilement dans le paysage.

Les autorités irakiennes ont fait peu de déclarations sur un éventuel engagement du Hezbollah dans leur pays. Mais le président Jalal Talabani a affirmé cette semaine qu'à "plusieurs occasions", des membres du Parti de Dieu ou des personnes "prétendant appartenir au Hezbollah" ont été arrêtés en Irak. Il n'a pas fourni plus de détails.

Les deux parlementaires et l'officier interrogés par l'AP disent de leur côté que les agents du Hezbollah travaillent uniquement et directement avec les "groupes spéciaux" chiites. Dans le jargon de l'armée américaine, il s'agit de groupes dissidents de l'Armée du Mahdi, la puissante milice chiite de l'imam radical Moqtada al-Sadr. Selon Washington, ces factions sont soutenues par la Force d'élite Qods, une branche des Gardiens de la Révolution iraniens.

Selon les sources de l'AP, les agents du Hezbollah avait commencé à entraîner des miliciens dans les camps de Deïr et Kutaïban, à l'est de Bassorah (sud de l'Irak), près de la frontière iranienne, au deuxième semestre 2006. Fin mars ou début avril 2008, alors que les forces américaines et irakiennes lançaient leur offensive contre les milices à Bassorah, deuxième ville du pays, les Libanais se sont repliés sur l'Iran.

A en croire les deux députés, qui ont participé à la fondation de l'Armée du Mahdi en 2003, les instructeurs du Hezbollah ont repris depuis leurs activités dans des camps du sud de l'Iran qui avaient servi aux exilés irakiens se battant aux côtés des Iraniens pendant la guerre Iran-Irak de 1980-88. Ils auraient planifié et supervisé l'attentat de 2007 à Kerbala et l'enlèvement à Bagdad de cinq Britanniques toujours détenus à ce jour.

L'armée américaine a fait très peu de commentaires sur le rôle du Hezbollah en Irak, mais elle avait annoncé l'arrestation d'un de ses membres, identifié par le seul nom de Faris, lors des combats à Bassorah en avril. Un haut diplomate occidental ayant requis l'anonymat a dit que son pays possédait des informations suggérant un intérêt croissant du Hezbollah pour l'Irak.

Un porte-parole du Hezbollah à Beyrouth s'est refusé à tout commentaire, mais un haut responsable militaire de l'Armée du Mahdi à Bagdad a affirmé à l'AP sous le couvert de l'anonymat que les opérations du Hezbollah en Irak avaient été supervisées par Imad Mughniyeh, tué dans un attentat à la voiture piégée en Syrie en février dernier. Ce dirigeant militaire était soupçonné dans les attentats contre une caserne américaine à Beyrouth en 1983 et contre l'ambassade israélienne à Buenos Aires (Argentine) en 1992. AP

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