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actu & culture


PARIS - dimanche 29 juin 2008 à 13h34

La France prend cette semaine les rênes d'une Europe en panne



Nicolas Sarkozy face au défi européen. L'hôte de l'Elysée donne lundi soir le ton de la présidence française de l'Union européenne lors d'une intervention télévisée sur France-3, à la veille du début de cette période de six mois.

"Modestie, écoute" et surtout "pas d'arrogance", tel est selon l'Elysée le "mot d'ordre" de la présidence française, qui prend les rênes d'une Europe en panne à la suite du "non" irlandais et dans un contexte économique difficile.

Le programme est chargé pour les premières heures de la présidence française. Lundi soir, M. Sarkozy présentera les grandes priorités de sa présidence dans une intervention télévisée d'une heure dans le "19/20" de France-3.

A 23h, la tour Eiffel s'illuminera aux couleurs de l'Europe, marquant symboliquement le passage de témoin entre la Slovénie, qui exerçait la présidence depuis le 1er janvier, et la France.

Dès le lendemain, l'ambiance sera au travail, avec une réunion à Matignon du gouvernement avec José Manuel Barroso et les commissaires européens. En fin de journée, le drapeau européen sera déployé sous l'Arc de triomphe, avant un dîner à l'Elysée réunissant la présidence et la Commission.

Le défi est immense. Nicolas Sarkozy hérite d'une Union plongée dans le doute à la suite du rejet par les Irlandais du traité de Lisbonne le 12 juin dernier. Ce "traité simplifié", dont Nicolas Sarkozy avait été l'un des principaux artisans, devait justement tourner la page du "non" franco-néerlandais à la Constitution européenne en 2005. Aujourd'hui, l'UE se retrouve à nouveau plongée dans un imbroglio institutionnel et Paris va devoir consacrer une bonne partie de son énergie à gérer cette crise.

M. Sarkozy, qui se rendra le 11 juillet à Dublin, entend prendre un peu de temps pour régler le problème irlandais. Conformément à la décision prise lors du conseil européen des 19 et 20 juin, les Vingt-sept reviendront sur cette question à la mi-octobre.

En attendant, le président français estime que le "non" irlandais conforte les priorités fixées de longue date pour ses six mois de présidence: la conclusion d'un accord sur le paquet climatique, l'élaboration d'un "pacte sur l'immigration" que Paris espère voir adopté lors du conseil européen d'octobre, la relance de l'Europe de la défense -dont dépend selon Nicolas Sarkozy le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN-, et l'ouverture de la réflexion sur l'avenir de la Politique agricole commune (PAC), sur fond de crise alimentaire.

L'objectif du président français, qui juge l'Europe "trop technocratique" et "pas assez politique", consiste en effet à "répondre aux préoccupations concrètes des citoyens européens". "Les peuples européens estiment que leurs dirigeants ne s'occupent pas assez d'eux, sont trop engagés dans l'institutionnel", observe-t-on à l'Elysée.

M. Sarkozy va avoir fort à faire pour réduire le fossé grandissant entre l'Europe et les peuples. Selon un sondage BVA pour "Ouest-France Dimanche", seulement 30% des Français considèrent la construction européenne comme "une source d'espoir", alors que 33% la craignent. Il y a cinq ans, 61% des Français y voyaient une raison d'espérer.

Le président français va aussi devoir convaincre ses partenaires sur sa capacité à jouer collectif. Ses initiatives sur la scène européenne depuis son arrivée à l'Elysée en mai 2007 ont souvent agacé à Bruxelles et dans les autres capitales: multiplication des prises de position contre l'euro fort ou la Banque centrale européenne (BCE) alors que la France demeure une mauvaise élève sur le plan budgétaire, remise à plat des quotas de pêche et désaccord avec la Commission sur la pêche au thon rouge. Sa proposition de plafonner la TVA sur les carburants n'a pas convaincu ses partenaires, à commencer par l'Allemagne.

M. Sarkozy a également dû revoir sérieusement à la baisse son projet d'Union pour la Méditerranée (UPM), qui sera lancé en grande pompe le 13 juillet, face à l'agacement de Berlin.

"Il faut que cette présidence soit modeste", résume dans "Le Parisien" de dimanche un expert, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing. AP

egp/mw




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