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actu & culture


HARARE, Zimbabwe - lundi 23 juin 2008 à 15h31

Zimbabwe: raid de la police au siège de l'opposition au lendemain du retrait de Tsvangirai de la présidentielle



La police a effectué lundi après-midi un raid au siège du principal parti d'opposition au Zimbabwe, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), dans la capitale Harare, au lendemain du retrait de son chef Morgan Tsvangirai de la course à la présidentielle, selon le porte-parole du MDC, qui faisait état d'une soixantaine d'interpellations.

Le porte-parole, Nelson Chamisa, a précisé que la plupart des personnes emmenées par les forces de l'ordre étaient des femmes et des enfants qui avaient fui les pressions et les violences orchestrées par le régime et trouvé refuge au siège du MDC. M. Chamisa ne disposait pas dans l'immédiat de plus de détails.

La police n'était pas joignable pour vérifier cette information.

Dimanche, le chef du MDC et leader de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, a annoncé son retrait du second tour de la présidentielle qui aurait dû l'opposer au chef d'Etat sortant Robert Mugabe vendredi prochain, en raison des violences et des actes d'intimidation croissants dont sont victimes ses partisans. Le gouvernement a fait savoir que l'élection se déroulerait comme prévu.

M. Tsvangirai a remporté le premier tour de la présidentielle organisé le 29 mars, sans obtenir la majorité absolue qui l'aurait exonéré d'un second tour. Expliquant dimanche qu'il craignait pour la sécurité des électeurs s'il participait au second tour, il a annoncé sa décision de boycotter le scrutin.

M. Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis 28 ans, a fait l'objet de critiques internationales croissantes depuis la tenue du premier tour de la présidentielle et des législatives, remportées par l'opposition. Selon des organisations indépendantes de défense des droits de l'Homme, 85 personnes ont été tuées et des dizaines de milliers d'autres déplacées, des partisans de l'opposition pour la plupart, en raison des violences organisées par le régime.

L'Union européenne a menacé dimanche de renforcer ses sanctions à l'encontre du Zimbabwe, qui a également essuyé les critiques de plusieurs pays africains, dont certains ont soutenu M. Mugabe par le passé. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de se réunir pour se pencher sur ce dossier. Une réunion est prévue pour mardi.

Lundi, un haut responsable du MDC, Roy Bennett, a souligné que le parti espérait qu'un scrutin libre et équitable, bien qu'impossible vendredi, puisse avoir lieu plus tard avec l'aide de l'Union africaine et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

Il a appelé ces organisations à organiser des négociations entre des responsables modérés du ZANU-PF de M. Mugabe et le MDC, afin de mettre sur pied un gouvernement de transition chargé de rétablir le calme et organiser la présidentielle dans des conditions apaisées et démocratiques.

"Nous pensons honnêtement que nous allons vers un nouveau cycle" d'élections, a-t-il déclaré à l'Associated Press à Johannesburg. Mais il a précisé que M. Mugabe ne serait pas invité à participer à cette administration provisoire. "Il a régné pendant 28 ans. Il est temps qu'il passe le relais à quelqu'un d'autre", a déclaré M. Bennett. AP

sop/v0223/mgh/v237/v266




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