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actu & culture


ALGER - dimanche 22 juin 2008 à 18h57

Pas d'engagement public de Bouteflika sur l'Union pour la Méditerranée



Le Premier ministre français François Fillon, achevant dimanche une visite de deux jours en Algérie, n'a pas obtenu d'engagement public du président Abdelaziz Bouteflika sur la question de l'Union pour la Méditerranée (UPM). "Chaque chose en son temps", s'est contenté de répondre à la presse le dirigeant algérien à propos de son éventuelle présence au sommet inaugural de l'UPM le 13 juillet à Paris. M. Fillon a néanmoins assuré que l'Algérie apportait son "soutien" à ce projet.

"J'ai été reçu (...) avec beaucoup de chaleur et en même temps avec une volonté de mettre en oeuvre les engagements qui ont été pris", a diplomatiquement indiqué M. Fillon à l'issue d'un entretien de plus de deux heures avec son hôte. "Je constate qu'il y a un climat de très grande franchise entre la France et l'Algérie. Il y a un climat de confiance qui s'est instauré".

"Je me réjouis que ce projet ait reçu de la part du président Bouteflika et de la part du gouvernement algérien un bon accueil", a-t-il renchéri plus tard. "Le président Bouteflika m'a assuré (...) de son soutien". Pour rassurer ses interlocuteurs, François Fillon a souligné que "personne n'envisage que l'UPM se construise sans l'Algérie".

Mais pressé de dire si le président algérien participerait au sommet inaugural à Paris, il a lâché: "Je ne suis pas le porte-parole du président Bouteflika". Pour sa part, son homologue algérien Abdelaziz Belkhadem a laissé entendre que le projet défendu par Nicolas Sarkozy lui paraissait toujours vague. "Nous ne savons pas encore si nous devons discuter avec Paris ou avec Bruxelles", a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Fillon.

Après la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy en décembre dernier et de nombreuses visites de ministres français depuis, l'Algérie souffle toujours le chaud et le froid sur la question de l'UPM, réclamant des précisions sur un projet jugé "flou". Alger aimerait être sûr qu'il ne s'agit pas là d'un moyen pour Paris d'accroître son influence au Maghreb, tandis que des éclaircissements étaient attendus sur le rôle d'Israël au sein de l'institution régionale, reconnaissait-on de sources diplomatiques françaises.

Samedi, M. Fillon avait publiquement exhorté l'Algérie à rejoindre l'UPM, tentant de répondre aux inquiétudes de ses hôtes. Il avait décrit l'UPM comme la réponse de la France au défi de la mondialisation, reconnaissant des tensions sur le pourtour méditerranéen, "exacerbées par des problèmes de développement". L'Union doit donc "surtout permettre aux deux rives de la Méditerranée de coopérer de façon équilibrée", a-t-il ajouté dimanche. "On veut une Union où la rive sud et la rive nord soient à part égale dans le processus de décision."

M. Fillon a de nouveau espéré que tous les pays de la Méditerranée prennent part au sommet de Paris, citant notamment l'Algérie, la Syrie, l'Egypte et Israël. Le Premier ministre français a laissé entendre que le président égyptien Hosni Moubarak pourrait devenir le premier co-président de l'UPM, et précisé que le Maroc, la Tunisie ou Malte constituaient des pistes pour installer son siège. AP

mon/cov/mw




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