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actu & culture


N'DJAMENA/PARIS - samedi 14 juin 2008 à 23h30

Des rebelles ont attaqué une ville dans l'est du Tchad, selon des sources humanitaire et gouvernementale



Des rebelles ont attaqué la localité de Goz-Beida dans l'est du Tchad, région où plusieurs milliers de réfugiés ont trouvé refuge, a-t-on appris samedi de sources humanitaire et gouvernementale.

Cette attaque, confirmée par le ministre tchadien des Communications Mahamat Hissene, a été lancée alors que Paris a fait savoir que "toute action armée visant le Tchad et ses institutions" ne pouvait "qu'être condamnée par la France et la communauté internationale".

Un employé d'un groupe humanitaire s'exprimant sous couvert de l'anonymat par peur de représailles, a signalé que d'importants affrontements avaient eu lieu pendant près d'une heure samedi dans le secteur de Goz-Beida, avant que les tirs ne se calment. On ignore si les combats ont fait des victimes.

Joint par l'Associated Press dans l'après-midi, le lieutenant-colonel Philippe de Cussac, porte-parole de la force européenne de maintien de la paix déployée au Tchad et en République centrafricaine (Eufor), a pour sa part fait état sans autres précisions d'"accrochages" et de "combats entre des groupes armés et l'armée nationale tchadienne dans la région de Goz-Beida".

"Je ne confirme rien, ni la prise", ni la non-prise de la ville, a-t-il dit, se contentant de souligner que les soldats de l'Eufor, n'avaient "pas constaté de mouvements de colonnes de groupes armés dans leur zone d'opération" située dans l'est du Tchad.

Quelque 300.000 réfugiés qui ont fui le conflit au Darfour, dans l'ouest du Soudan, vivent aujourd'hui dans l'est du Tchad. Plusieurs camps accueillant 187.000 Tchadiens déplacés par des combats dans leur pays et au Darfour se trouvent également dans la région.

L'Union européenne a entrepris de déployer quelque 3.700 soldats, dont 2.200 militaires français, pour assurer la protection des réfugiés soudanais et des populations tchadiennes déracinées par le conflit.

Le porte-parole en chef de l'armée irlandaise, le commandant Gavin Young, a confirmé qu'un véhicule blindé irlandais avait été pris pour cible et avait riposté lors de l'attaque. Il n'y a eu aucune victime dans les rangs irlandais, a-t-il indiqué.

Des soldats irlandais et néerlandais basés au camp Ciara, la principale base militaire irlandaise située près de Goz-Beida, ont fourni une escorte militaire aux travailleurs humanitaires pris dans les affrontements et leur ont offert le refuge au camp Ciara, a précisé le commandant Young, ajoutant que la situation était "calme mais tendue" samedi soir.

Dans un communiqué diffusé samedi, le ministère français des Affaires étrangères a averti que "toute action armée visant le Tchad et ses institutions ne peut qu'être condamnée par la France et la communauté internationale".

"Nous suivons avec beaucoup d'attention la situation dans l'Est du Tchad", a précisé le Quai d'Orsay. "Nous appelons tous les acteurs concernés à trouver une solution politique, notamment dans le cadre des processus de Dakar et de Syrte".

Au début de l'année, les rebelles avaient lancé une offensive contre le régime du président tchadien Idriss Déby, combattant contre les forces tchadiennes les 2 et 3 février à N'Djamena et dans la région de la capitale du Tchad, ancienne colonie française.

Le Soudan a rompu ses relations diplomatiques avec le Tchad en mai, reprochant à N'Djamena de soutenir les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité qui avaient lancé une attaque près de la capitale soudanaise. Le Tchad a à son tour fermé sa frontière avec le Soudan et arrêté les échanges commerciaux bilatéraux. AP

cr/v-com/sb/cr/jp/v459




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