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actu & culture


HARARE - samedi 14 juin 2008 à 21h06

Le numéro deux de l'opposition zimbabwéenne devant le tribunal


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La police zimbabwéenne a amené samedi le numéro deux de l'opposition, Tendai Biti, secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), menotté et l'air tendu, devant la justice.

Selon l'avocat de l'opposition Lewis Uriri, la police avait cependant marqué une hésitation sur l'authenticité du mandat d'amener délivré par le juge. Ce dernier, Ben Hlatshwayo, a donc répété son ordre, donnant à la police une heure pour produire Tendai Biti,

Biti avait été arrêté jeudi, à peine posé le pied sur le sol zimbabwéen, qu'il venait de regagner en provenance d'Afrique du Sud. Selon la police, il fera l'objet de poursuites pour "trahison", chef d'accusation passible de la peine de mort.

Dans le même temps, le MDC a annoncé que son leader Morgan Tsvangirai, challenger du président Robert Mugabe qu'il doit affronter le 27 juin pour le second tour d'une élection présidentielle sous très haute tension, avait été à nouveau interpellé.

La police passe son temps à arrêter et remettre en liberté Tsvangirai tandis que ce dernier fait campagne dans tout le pays, une tactique de harcèlement destinée à l'empêcher de tenir des réunions électorales.

"Il est clairement impossible de parler d'élections libres et équitables au Zimbabwe, et suggérer le contraire serait être clairement aveugle face au grave harcèlement, à l'intimidation et à la violence infligés au peuple du Zimbabwe ces dernières années", estime le MDC dans son communiqué, appelant les pays de la région à intervenir.

Arrivé en tête du premier tour de la présidentielle du 29 mars, Tsvangirai n'aurait pas, selon les chiffres officiels, pas franchi la barre des 50% qui aurait permis son élection dès le premier tour.

Vendredi, le président Mugabe a pour sa part lancé de nouvelles menaces de violences: au cours d'un meeting de la branche jeunesse de la ZANU-PF, le parti au pouvoir, il a déclaré que les vétérans de la guerre d'indépendance, transformés ces dernières années en bras armé du régime, comptaient reprendre le combat en cas de victoire de l'opposition le 27 juin.

Selon lui, les vétérans sont venus le voir après le premier tour, pour lui faire savoir qu'ils reprendraient les armes si Tsvangirai était élu. "Et je suis moi-même prêt à participer au combat", a ajouté le vieux président. "Nous ne pouvons permettre aux Britanniques de nous dominer via leurs marionnettes", a-t-il lancé, reprenant un de ses arguments anti-opposition favoris.

Samedi, il a de exploité la même rhétorique. "Nous sommes prêts à nous battre pour notre pays, à entrer en guerre pour lui", a-t-il affirmé.

Accusé d'orchestrer la violence politique, le régime de Mugabe l'est aussi d'utiliser l'aide alimentaire comme une arme. Les agences humanitaires étrangères ont reçu ordre la semaine dernière d'arrêter leurs opérations dans ce pays paupérisé et en plein effondrement économique, Mugabe les accusant de prendre parti pour l'opposition.

Le résultat est que des millions de Zimbabwéens souffrant de la faim deviennent, à l'heure d'aller voter, encore plus dépendants du gouvernement: selon des responsables américains, une importante cargaison d'aide alimentaire destinée aux enfants a été saisie par la police et confiée aux partisans de Mugabe. AP

nc/v/jp/v400




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