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actu & culture


HARARE - jeudi 12 juin 2008 à 19h36

Zimbabwe: le chef de l'opposition à nouveau pour la troisième fois



Les chefs de l'opposition harcelés au Zimbabwe. Pour la troisième fois depuis son retour au pays le 24 mai, Morgan Tsvangira, challenger du président Robert Mugabe, a été interpellé à deux reprises au cours de la journée jeudi alors qu'il faisait campagne pour l'élection présidentielle du 27 juin avant d'être relâché. Plus tôt dans la journée, c'était le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) qui était arrêté: il devrait être inculpé pour trahison, selon la police.

M. Tsvangirai a été intercepté à un barrage routier dans le sud du pays et conduit dans un commissariat. Relâché peu après, il a repris sa campagne, a précisé le parti. Avant d'être à nouveau arrêté par la police.

Peu auparavant, le secrétaire général du MDC Tendai Biti avait été arrêté quant à lui à l'aéroport de la capitale, Harare, alors qu'il rentrait à son tour, en provenance d'Afrique du sud. Selon la police, il fera l'objet de poursuites pour "trahison", chef d'accusation passible de la peine de mort.

Biti, dont on ne savait pas où il était détenu, devrait aussi être poursuivi pour fausses déclarations "ayant porté préjudice à l'Etat", selon le porte-parole de la police Wayne Bvudzijena. Et ce pour avoir annoncé les résultats du scrutin avant l'annonce officielle par la commission électorale. Quant à l'accusation de "trahison", elle serait liée à un document sur la transition évoquant des changements dans la manière de gouverner le pays, selon le porte-parole.

Avant même de quitter Johannesbourg, le principal intéressé disait savoir qu'il serait arrêté, qualifiait de "stupide" sa décision de rentrer quand même, et se montrait bien plus découragé qu'à son habitude. Mais Biti ajoutait se sentir obligé de regagner quand même son pays et d'y poursuivre le combat pour le changement.

L'arrestation de Biti, l'un des héraults les plus fervents du MDC, pourrait être le signe du réjet définitif par Mugabe de touet négociation de sortie de crise avec l'opposition, estiment les observateurs.

L'ambassadeur américain James McGee a fait part de la "profonde inquiétude" suite à cette arrestation. Notant que ce fameux document sur la transition était un texte de routine que n'importe quel parti pourrait rédiger pour identifier ses priorités, il a expliqué qu'une version contrefaite de ce document circulait dans le pays, comportant des appels à punir l'entourage de Mugabe.

Morgan Tsvangirai doit affronter Robert Mugabe lors du second tour de scrutin prévu le 27 juin. M. Tsvangirai a revendiqué la victoire dès le premier tour le 29 mars, avec 50,3% des suffrages, accusant Robert Mugabe de recourir à la violence et l'intimidation pour s'accrocher au pouvoir.

Selon les résultats finalement communiqués le 2 mai par la commission électorale, Morgan Tsvangirai a obtenu 47,9% des voix lors du premier tour, contre 43,2% à Robert Mugabe.

Le parti présidentiel, la ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique), a par ailleurs perdu les élections législatives pour la première fois depuis l'indépendance en 1980. Le MDC estime que les résultats officiels du premier tour ont été manipulés pour permettre à Robert Mugabe de disputer un second tour. AP

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