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Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner est arrivé samedi matin à Nassiriyah (sud) pour une visite surprise en Irak, sa deuxième en neuf mois. Le ministre des Affaires étrangères, qui se trouvait vendredi en Jordanie, devait également se rendre dans la capitale, Bagdad, et dans la ville kurde d'Erbil, dans le nord du pays.
A sa descente d'avion à Nassiriyah, M. Kouchner a été accueilli par le vice-président irakien, le chiite Adel Abdul-Mahdi, et le gouverneur provincial Aziz Kadhim Alouane. Les trois hommes ont ensuite visité les ruines de la ville d'Ur.
"Cette visite (...) est un message de paix et de coopération et une chance de discuter de toute future contribution française pour reconstruire l'Irak", a déclaré M. Kouchner, dont les propos étaient traduits aux journalistes en arabe. Il a également annoncé que quatre enfants irakiens viendraient en France pour subir des opérations cardiaques.
Outre cette ville à majorité chiite, le ministre français des Affaires étrangères devait également se rendre dans la capitale Bagdad, pour rencontrer "les plus hautes autorités irakiennes ainsi que des représentants de la société civile", a annoncé samedi dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères.
Au cours de cette "visite officielle en Irak", Bernard Kouchner fera enfin un déplacement à Erbil (nord), capitale administrative de la région du Kurdistan, où il inaugurera le bureau d'ambassade ouvert par la France", a fait savoir le Quai d'Orsay dans un communiqué.
Cette seconde visite en neuf mois de M. Kouchner en Irak, à la veille de la présidence française de l'Union européenne, "témoigne de l'engagement politique renouvelé de la France à l'égard de l'Irak et du peuple irakien", a expliqué le Quai d'Orsay.
Ce déplacement "sera l'occasion pour le ministre d'exprimer aux Irakiens la disponibilité de la France à travailler aux côtés de toutes les communautés irakiennes en vue de favoriser la réconciliation nationale" et d'exprimer l'"effort de solidarité" de Paris, en particulier dans le domaine de la santé.
Le 19 août dernier, Bernard Kouchner avait été le premier membre du gouvernement français à se rendre en Irak depuis le début de la guerre. Il avait affirmé que Paris, longtemps très critique vis-à-vis de l'invasion américaine en Irak, voulait tourner la page et regarder vers l'avenir.
Nassiriyah, ville à majorité chiite située à environ 320 kilomètres au sud-est de Bagdad, a été le théâtre de violents affrontements entre des milices locales et les forces américano-irakiennes.
La situation s'est calmée depuis que l'imam radical chiite Moqtada al-Sadr a déclaré une trêve, mais il y a toujours des violences sporadiques. La base américaine d'Imam Ali, où l'avion de M. Kouchner a atterri, avait été visée par des tirs de roquettes vers 20h30 vendredi. Cette attaque n'a toutefois pas fait de victimes, selon l'armée américaine.
M. Kouchner se trouve en Irak après s'être rendu vendredi en Jordanie, où il a signé un accord pour aider ce pays à progresser dans son programme d'énergie nucléaire, conçu à des fins pacifiques. Il a aussi annoncé que la France essayera de recueillir quelque 500 réfugiés chrétiens irakiens "en raison de l'oppression de certains chrétiens en Irak". AP
sop/com/pyr/v141/sb
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