Rechercher iFrance
Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


RANGOON, Birmanie - vendredi 30 mai 2008 à 12h22

Cyclone en Birmanie: les organisations humanitaires accusent la junte birmane de continuer son obstruction


Agrandir l'image

Des organisations humanitaires ont affirmé vendredi que la junte militaire birmane continuait à empêcher la progression de l'aide internationale aux victimes du cyclone Nargis, alors que les autorités birmanes ont, elles, fortement critiqué le volume insuffisant de l'aide.

Les travailleurs humanitaires attendaient encore le traitement de leur demande de visa, et les autorités birmanes mettaient 48 heures à traiter celles concernant l'entrée dans le delta de l'Irrawaddy, région la plus touchée par le cyclone des 2 et 3 mai derniers, où environ 2,4 millions de personnes sont encore dans le besoin, selon les organisations humanitaires.

"Nous appelons à la mise en oeuvre rapide de tous les accords, sur l'accès, les visas et l'utilisation des moyens logistiques", a déclaré Terje Skavdal, chef du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

Soulignant qu'il y avait eu "des indications prometteuses que le gouvernement se dirigeait dans une direction globalement bonne", il a estimé que le vrai défi demeure le respect de la promesse de la junte, faite le week-end dernier, de laisser les travailleurs accéder sans obstacles aux sinistrés sur le terrain.

"Le gouvernement birman use encore de sa bureaucratie pour faire obstruction à certains efforts humanitaires alors qu'il devrait accepter toute l'aide immédiatement et sans condition", a déclaré l'ONG Human Rights Watch dans un communiqué.

La Croix-Rouge attendait encore la permission d'envoyer 30 employés dans le delta, et d'autres organisations attendaient toujours leur visas. D'autre part, la junte a refusé l'accès à ses ports à des vaisseaux français et britannique qui apportaient des vivres, et qui ont dû faire route vers la Thaïlande, où ils ont remis leur cargaison à l'ONU.

La junte birmane, qui répète quant à elle que la phase humanitaire a fait place à la phase de reconstruction, a critiqué vendredi le volume de l'aide internationale. Les médias officiels ont condamné les promesses de dons de près de 100 millions d'euros, alors que la junte estime avoir besoin d'environ sept milliards d'euros.

Porte-voix du gouvernement, le quotidien "Myanma Ahlin" a estimé qu'en tout état de cause, les victimes étaient capables de se débrouiller sans l'aide internationale.

"Les habitants du delta de l'Irrawaddy peuvent survivre seuls, même sans les barres chocolatées offertes par la communauté internationale", a ironisé le journal, ajoutant que les sinistrés pouvaient subvenir à leur besoin grâce aux "légumes frais sauvages qui poussent dans les champs et des poissons riches en protéines des rivières". La référence au chocolat semblait être une métaphore, les travailleurs humanitaires ne distribuant pas cette denrée, en particulier dans des zones tropicales.

Plusieurs demandes de visa en attente ayant été satisfaites par les autorités après la rencontre du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le Premier ministre birman Than Shwe le week-end dernier, et l'ONU avait noté des améliorations cette semaine dans l'accès aux zones sinistrées, quasi-bouclées par la junte dans les semaines qui ont suivi le cyclone. Selon le bilan officiel, 78.000 personnes ont perdu la vie et 56.000 autres sont portées disparues. AP

mgh/v237




Rechercher #iFrance#