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Bagdad et les Américains mettront certainement en avant la situation dans le "triangle de la mort" lors de la conférence de l'ONU sur les progrès en Irak qui s'ouvre jeudi en Suède: arrivée il y a 15 mois dans ce secteur au sud de Bagdad où des dizaines de personnes mouraient chaque jour, la Troisième division d'infanterie américaine repart fin mai, après y avoir rétabli le calme.
"Quand nous sommes arrivés, il n'y avait que la violence, Al-Qaïda, les extrémistes chiites", explique le patron de la division, le général Rick Lynch. Peu après son arrivée, ses 20.000 hommes ont lancé de vastes opérations contre les cellules d'Al-Qaïda et les milices chiites.
Dans le secteur d'Iskandariyah, qui s'étend du sud de Bagdad au centre du pays, chiites et sunnites sont plus mélangés que partout ailleurs et, en 2006-2007 s'y entretuaient, sans parler des attaques contre les forces américano-irakiennes. C'est désormais une "région-témoin" de ce que l'armée américaine ambitionne de faire dans tout le pays.
La rencontre en banlieue de Stockholm, où sont attendus 500 délégués de plus de 90 pays, dont le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, se penchera sur les avancées en matière de sécurité et cherchera à faire pression sur les responsables irakiens pour que la situation avance aussi au chapitre politique.
Car la réconciliation reste un voeu pieux: les sunnites ont claqué la porte du gouvernement à majorité chiite et la répression contre les milices sadristes sème le trouble entre factions chiites.
En tout cas, selon l'armée américaine, le niveau de violence en Irak, il y a 15 mois au bord de la guerre civile totale, a atteint son plus bas niveau depuis l'invasion il y a plus de quatre ans. Cette année, l'étau d'Al-Qaïda et des autres insurgés sunnites a été brisé dans l'ouest du pays et, plus récemment, Bagdad a réprimé les milices chiites à Bassorah (sud) et sunnites à Mossoul (nord).
Mais le cas du "triangle de la mort" est sans doute le plus marquant, devenu aujourd'hui un quasi-havre de paix, du moins comparé à Bagdad toute proche, toujours en proie à la violence, ou à Mossoul.
A ce progrès, deux raisons principales: le "triangle" est proche de la capitale, un atout pour ce qui est du soutien logistique. Et surtout, les militaires américains ont réussi à retourner les Conseils de l'éveil, ces groupes tribaux sunnites comptant environ 36.000 membres, qui ont pris les armes contre Al-Qaïda, excédés par la terreur imposée dans leurs bastions par le mouvement terroriste.
Autre élément qui aura joué dans la pacification du "triangle", le cessez-le-feu ordonné en août dernier par l'imam chiite Moqtada al-Sadr, dont l'Armée du Mahdi y est également présente en force.
Les combattants sunnites qui semaient la mort dans la zone ont aussi presque tous disparu, tués ou ayant rejoint les rangs des Conseils de l'éveil, selon le lieutenant-colonel William Zemp, commandant d'un bataillon d'artillerie basé à Mahmoudiya.
A Iskandariyah, tout le monde aujourd'hui reconnaît le général Lynch qui, cigare à la bouche, arpente fréquemment les ruelles du souk, où un semblant de prospérité est revenu avec la pacification. Même s'il y a toujours des attentats-suicide, les violences et la tension entre chiites et sunnites ont beaucoup baissé, juge-t-il. "Où que j'aille, les gens s'identifient maintenant comme Irakiens. 'Je ne suis pas chiite, je ne suis pas sunnite, je suis irakien'."
La violence y a décru de 89% depuis l'année dernière, et ce ne sont plus les attaques au mortier qui préoccupent les militaires américains, mais le chômage de la population, selon Lynch.
Une école professionnelle, une usine, une pêcherie, ont vu le jour. L'usine Al-Khaffaji, qui n'employait que quelque 200 personnes, et encore de manière intermittente, compte aujourd'hui près de 3.000 salariés. Et des contrats dépassant les 6 millions de dollars.
Le général Lynch ne crie pas victoire pour autant. "La situation sécuritaire est fragile. Tout peut recommencer", concède-t-il. AP
nc/v/tl
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