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Les électeurs birmans des zones dévastées par le cyclone Nargis, appelés à se prononcer par référendum sur une nouvelle Constitution, ont massivement approuvé le projet du gouvernement, qui selon ses détracteurs devrait pérenniser le pouvoir de la junte, a-t-on appris lundi.
Par ailleurs, l'aide humanitaire pourrait atteindre pour la première fois plus d'un million de sinistrés du cyclone, qui a balayé le pays les 2 et 3 mai, si le régime birman autorise rapidement les experts étrangers à gagner les zones les plus touchées, ont annoncé les Nations unies.
Selon des estimations officielles, la catastrophe a fait 78.000 morts et 56.000 disparus. Selon l'ONU, 2,4 millions de personnes ont été affectées par le cyclone, dont 42% ont reçu une forme d'aide d'urgence. Mais l'aide a pu atteindre seulement 23% des deux millions de sinistrés qui vivent dans les 15 communes les plus touchées, dans le delta de l'Irrawaddy.
La junte birmane empêche les humanitaires étrangers et les organisations internationales d'accéder au delta depuis la tempête. Mais après avoir rencontré le chef de la junte, le général Than Shwe, vendredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a assuré que le dirigeant avait accepté de laisser les humanitaires étrangers "accéder librement aux personnes nécessiteuses".
Des organisations humanitaires ont immédiatement projeté d'envoyer des équipes dans le delta, déposant à nouveau des demandes de visa qui avaient été rejetées récemment par les autorités birmanes. "Si on peut envoyer ces experts sur le terrain, nous pouvons commencer à mettre en place les machines de purification d'eau, les entrepôts et d'autres choses dont nous avons besoin, et cette opération peut rapidement prendre de l'ampleur", a déclaré Richard Horsey, porte-parole de l'opération humanitaire de l'ONU à Bangkok, en Thaïlande.
"Par prendre rapidement de l'ampleur, je veux dire que dans les prochains jours, nous pouvons commencer à toucher tous ceux qui ont besoin (d'aide)", a-t-il précisé.
La Constitution présentée par la junte a été approuvée par 92,5% des Birmans à l'issue d'un référendum en deux temps, qui s'est tenu le 10 mai dans la majeure partie du pays et samedi dans le delta de l'Irrawaddy et à Rangoon, les zones les plus touchées par le cyclone.
La participation totale a atteint 26,8 millions de votants sur 27,4 millions d'inscrits, soit 98%, selon la radio d'Etat. Le "second" tour n'a pas changé la donne après le vote principal du 10 mai, qui s'était soldé par un score de 92,4% de "oui".
Malgré le report de deux semaines, le scrutin a été maintenu dans les zones sinistrées alors que des centaines de milliers de personnes sont encore dans le besoin.
Selon la junte, cette nouvelle Constitution permettra d'organiser des élections générales en 2010. Le texte garantit 25% des sièges aux militaires et permet au président d'octroyer les pleins pouvoirs à l'armée en cas d'état d'urgence. Autant d'éléments que les opposants estiment contraires à l'engagement déclaré de la junte à démocratiser le pays, qu'elle dirige d'une main de fer depuis des dizaines d'années.
De plus, la Constitution empêcherait l'opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi de briguer une fonction publique. Sa victoire aux législatives de 1990 avait été rejetée par la junte, et Mme Suu Kyi s'est vue assignée à domicile durant la majeure partie des 18 dernières années. AP
mgh/v/lma/nc
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