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actu & culture


PARIS - lundi 12 mai 2008 à 18h30

Ingrid Betancourt: "Tous les contacts avec les FARC ont été perdus", selon le président équatorien



Le président équatorien Rafael Correa, qui entame une visite de deux jours en France mardi, reconnaît que "malheureusement depuis la mort de Raul Reyes, tous les contacts avec la direction des FARC ont été perdus", en vue de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.

"Nous étions sur le point de l'obtenir quand le camp de Raul Reyes (le No2 des FARC, NDLR) a été bombardé" par l'armée colombienne, rappelle Rafael Correa dans un entretien au "Monde" daté de mardi. "Je ne sais pas s'il allait tenir parole, mais il avait annoncé la libération de deux otages en mars, dont Mme Betancourt".

"La France le savait. Et la France sait que nous sommes prêts à poursuivre nos efforts en faveur de la libération des otages", souligne le président équatorien, qui rencontrera mercredi à Paris la famille d'Ingrid Betancourt.

Dans le cadre d'une tournée européenne entamée lundi à Madrid, Rafael Correa s'entretiendra mardi avec Nicolas Sarkozy au sujet notamment des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC).

L'opération de l'armée colombienne en territoire équatorien qui a coûté la vie au N°2 des FARC le 1er mars avait provoqué une grave crise diplomatique entre l'Equateur, la Colombie et le Venezuela.

Le président colombien Alvaro Uribe avait ensuite assuré que des documents saisis dans l'ordinateur de Raul Reyes faisaient apparaître un financement par les FARC de la campagne présidentielle de M. Correa en 2006.

"Si c'est pour négocier la libération des otages ou, mieux encore, la paix en Colombie, l'Equateur est prêt à tout", assure le président équatorien. "Ne comptez jamais sur nous pour la guerre".

"Si les Farc, qui ont une armée organisée et contrôlent une partie du territoire, cessent leurs actions terroristes, s'ils cessent les prises d'otages, s'ils respectent le droit humanitaire, nous pourrons les reconnaître comme interlocuteur pour négocier la paix. La France a exactement la même position que l'Equateur", avance-t-il.

"L'Equateur n'est pas un acteur du conflit colombien, il en est une victime", ajoute Rafael Correa, rappelant que "l'Equateur a toujours coopéré avec la Colombie contre les groupes illégaux".

"Le problème aujourd'hui, c'est que la guerre menée par le président Alvaro Uribe repousse les guérilleros vers notre frontière commune", analyse-t-il. AP

ljg/div/ll




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