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Pour la deuxième journée consécutive, de violents affrontements ont opposé sympathisants chiites du Hezbollah pro-iranien et sunnites partisans du gouvernement pro-occidental dans les rues de Beyrouth, faisant quatre morts et huit blessés, alors que les affrontements sectaires se multipliaient dans plusieurs parties du pays.
Selon des responsables de la sécurité libanaise, une mère et son fils sont morts quand une roquette RPG est tombée sur leur appartement dans le quartier de Ras el-Nabeh durant les affrontements. Huit personnes ont été blessées dans les affrontements, précisait-on de même source. Un homme est mort par balle dans le même quartier.
Un membre des forces de sécurité du Parlement a également été tué près de la résidence du président chiite du Parlement Nabih Berri dans le quartier d'Ein al-Tineh, où les combats ont duré plusieurs heures.
Par ailleurs, une autre femme a été tuée par une balle perdue après des tirs de réjouissances dans la banlieue sud de Haret Hreik après un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.
Tard dans la soirée des explosions et des échanges de tirs nourris pouvaient être entendus dans plusieurs quartiers de l'ouest de Beyrouth, majoritairement musulman, signe de la poursuite des affrontements. La chaîne du Hezbollah Al-Manar rapportait que des partisans du chef de la majorité parlementaire Saad Hariri avaient fui leurs bureaux dans plusieurs quartiers de l'ouest de la capitale.
Les combats se sont intensifiés après que le chef du Hezbollah eut menacé de représailles immédiates contre toute attaque contre le mouvement. "Ceux qui tentent de nous arrêter, nous les arrêterons. Ceux qui nous tirent dessus, nous leur tirerons dessus. La maison levée contre nous, nous la trancherons", avait lancé Hassan Nasrallah lors d'une conférence de presse retransmise en direct à la télévision depuis le lieu où il se cache. Le chef du Hezbollah a qualifié de "déclaration de guerre" la décision du gouvernement de déclarer illégal le réseau de télécommunication militaire parallèle du groupe chiite.
Dans un geste d'apaisement, le chef de la majorité parlementaire antisyrienne Saad Hariri a ensuite proposé que la décision soit laissée au commandement militaire. Mais tard dans la soirée, les chaînes de télévision du Hezbollah et de l'opposition, citant "une source officielle au sein de l'opposition", annonçaient le rejet absolu de l'offre de Saad Hariri.
Dans une intervention télévisée, le sunnite Saad Hariri a appelé toutes les parties à "retirer leurs combattants des rues (...) pour sauver le Liban de l'enfer".
Le fils de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, assassiné il y a trois ans, a exhorté Hassan Nasrallah à lever le "siège" de Beyrouth, retirer ses militants des rues et rouvrir les routes, dont celles menant à l'aéroport de la capitale, bloqué depuis deux jours. Il a estimé que les actions du Hezbollah à Beyrouth sont "un crime qui doit cesser immédiatement".
Saad Hariri a appelé le chef du Hezbollah à travailler avec lui pour mettre fin aux affrontements. "Je vous appelle à cesser le langage des armes (...) nous sommes responsables de l'unité des musulmans et du Liban", a-t-il ajouté.
Mardi, le gouvernement de Fouad Siniora avait jugé que le réseau de télécommunication militaire du Hezbollah menaçait la sécurité de l'Etat. Il avait également annoncé le limogeage du chef de la sécurité du seul aéroport international du pays, celui de Beyrouth, en raison de ses liens avec le Hezbollah.
Ces décisions conjuguées à l'appel à la grève des syndicats pour protester contre les réformes économiques du gouvernement et obtenir des hausses de salaire ont entraîné des manifestations, qui ont rapidement dégénéré en bataille de rue entre les sympathisants du Hezbollah pro-syrien et ceux du gouvernement anti-syrien soutenu par les pays occidentaux.
Le Liban connaît une grave crise politique depuis le départ en novembre du président pro-syrien Emile Lahoud qui n'a pas été remplacé depuis, faute d'accord entre les deux camps.
Jeudi, dans la vallée de la Bekaa (est), chiites et sunnites ont échangé des coups de feu dans le village de Saadnayel. Des partisans sunnites du gouvernement ont fermé les principaux axes en faisant brûlé des pneus. A Masnaa, un petit groupe a réussi à bloquer le poste-frontière entre la Syrie et la capitale, ont affirmé des témoins.
Dans la capitale, les habitants se sont réveillés jeudi matin avec de nouvelles lignes de démarcation faites de pneus brûlés et de rues bloquées. Certaines rues restaient fermées et la circulation était faible dans les quartiers musulmans de la ville. Dans la zone chrétienne et dans les banlieues, la vie continuait et les écoles fermées mercredi avaient rouvert leurs portes.
L'armée a déployé des véhicules blindés sur les routes principales et les points de friction, avec des points de contrôle pour procéder à des fouilles des véhicules.
Mercredi, de violents heurts avaient opposé des partisans du Hezbollah à ceux du gouvernement dans plusieurs quartiers de Beyrouth, alors que le mouvement chiite bloquait les principaux axes de circulation pour imposer une grève anti-gouvernementale. Il s'agit des troubles les plus violents dans la ville depuis janvier 2007. AP
ljg/v0/mw/sb
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