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actu & culture


LONDRES - samedi 03 mai 2008 à 20h17

L'excentrique conservateur Boris Johnson s'empare de la mairie de Londres


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Premier test électoral et première gifle pour Gordon Brown. Le chef du gouvernement travailliste de la Grande-Bretagne a subi une défaite cuisante aux municipales, symbolisée par l'élection à la mairie de Londres de l'excentrique conservateur Boris Johnson, qui a officiellement accepté samedi ce poste.

Tignasse blonde en bataille, l'ancien journaliste que l'on surnomme "Boris le bouffon" pour ses gaffes à répétition a revêtu un nouvel air solennel lors de son discours de victoire dans la nuit de vendredi à samedi, déclarant que son succès contre le sortant Ken Livingstone annonçait le retour des "Tories", en déshérence durant les années Tony Blair.

Les résultats définitifs, accordant 53,2% des voix à Johnson contre 46,8% à Livingstone, ont signé l'échec des travaillistes pour le premier test électoral de Brown depuis qu'il a repris le flambeau de Blair en juin dernier.

Jamais avare de boutades mais aussi adepte de l'auto-ironie, Johnson a tenu à préciser qu'il avait failli trébucher en se rendant vers l'estrade après avoir signé la déclaration par laquelle il a accepté samedi après-midi d'être le maire de Londres. Il prendra officiellement ses fonctions dimanche à minuit (23h GMT).

"D'ici là, j'imagine qu'il y a des déchiqueteuses" fonctionnant "différentes parties du bâtiment", a-t-il lancé.

Dans un bref discours, il a répété ses promesses de campagne: lutter contre la délinquance, améliorer les transports publics et notamment le réseau des bus, et davantage de logements abordables. Il s'est ensuite entretenu avec les représentants de la police et des transports municipaux, ainsi qu'avec divers experts qu'il espère enrôler dans son équipe.

De son côté, un Gordon Brown malmené dans les enquêtes d'opinion a été obligé de promettre qu'il tiendrait compte du verdict des urnes, cinglant pour le Labour, qui a perdu 333 sièges dans les 159 conseils municipaux renouvelés jeudi en Angleterre et au Pays de Galles.

Son rival conservateur David Cameron, dont le parti a gagné 260 sièges, a affirmé que les victoires à Londres et dans le nord de l'Angleterre marquaient une première étape sur le chemin de la reconquête de Downing Street, ou il se verrait bien emménager après les élections législatives prévues d'ici la mi-2010.

"Il y a trois ans, personne n'imaginait que les conservateurs gagneraient Londres et l'emporteraient de 20 points sur l'ensemble du pays", a déclaré le jeune leader charismatique des Conservateurs, qui a mis l'accent sur le renouvellement de l'image du parti depuis qu'il en a pris les rênes en 2005.

En attendant, Boris Johnson sera le conservateur le plus en vue: le parti n'a pas tenu un poste exécutif d'importance depuis sa déroute aux législatives de 1997 et le début de la longue décennie Blair. Johnson, qui devrait démissionner de son poste de député sous peu, est désormais à la tête d'une métropole dotée d'un budget de plusieurs milliards d'euros, et sera chargé de la préparation des Jeux olympiques d'été de 2012.

Il a rendu hommage au rôle joué par le maire sortant lors des attentats dans les transports en 2005. Mais il a souligné que sa victoire pourrait être la première étape vers le basculement du pays à droite. "J'espère que cela montre que les Conservateurs sont devenus un parti auquel on peut à nouveau faire confiance", a-t-il déclaré.

Battu et ému, "Ken le rouge", qui devint le premier maire de Londres élu au suffrage universel en 2000, a déclaré que sa défaite ne pouvait être imputée qu'à lui, et non au gouvernement de Gordon Brown. Lui-même un personnage haut en couleurs, Livingstone a suscité l'embarras de ses collègues travaillistes à plus d'une reprise, accusé par exemple de racisme pour avoir usé de termes ambigus en parlant de ressortissants d'autres pays du Commonwealth ou d'Africains.

Mais les Londoniens n'ont pas opté pour un successeur qui se démarque par sa sobriété. Rédacteur en chef du magazine "The Spectator", Johnson a survécu politiquement à la révélation d'une relation extra-conjugale avec une de ses journalistes. Il a lancé des campagnes contre les mariages homosexuels, contre l'alimentation équilibrée à l'école et contre la ville de Liverpool. En 2003, il s'est également vanté d'avoir, lors d'une visite en Irak, dérobé une boîte de cigares de la maison saccagée de l'ancien cacique Tareq Aziz.

Après sa victoire, Boris Johnson a préféré avertir ses électeurs: à l'avenir également, il y aura probablement des "formules déplacées". AP

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