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actu & culture


LONDRES - vendredi 02 mai 2008 à 18h48

Les conservateurs infligent un revers à Gordon Brown



Le premier grand test électoral de Gordon Brown a mal tourné, à deux ans au plus des législatives. Le Premier ministre britannique a reconnu vendredi que le verdict des élections locales s'annonçait sévère pour le Parti travailliste, qui pourrait même céder la mairie de Londres aux conservateurs.

Le scrutin de jeudi au Pays de Galles et en Angleterre pourrait s'avérer le pire qu'ait connu le New Labour, et avant lui le Labour, depuis 40 ans; la saignée touche jusqu'à des bastions municipaux traditionnels des travaillistes. "Je pense qu'il est clair que la soirée a été décevante, mauvaise même, pour le Parti travailliste", a lâché M. Brown à la presse.

Les conservateurs au contraire se réjouissent d'obtenir leur meilleur score depuis leur défaite aux législatives de 1997, qui avaient marqué le début de l'ère Tony Blair. "Ces résultats ne sont pas seulement un vote contre Gordon Brown et son gouvernement", mais aussi "un vote de confiance pour le Parti conservateur", a claironné le chef des Tories, David Cameron.

Selon une projection de la BBC, les conservateurs devraient obtenir 44% des voix, soit 20 points de plus que les travaillistes, au coude à coude avec les libéraux-démocrates. D'après des résultats partiels portant sur 154 conseils locaux, les conservateurs gagnent 254 sièges, les travaillistes en perdent 298 et les libéraux-démocrates progressent de 28.

Il y a un an déjà, quelques jours avant que Gordon Brown ne succède à Tony Blair, les travaillistes s'étaient inclinés lors des élections locales en Ecosse. Et si les prochaines élections législatives ne sont pas prévues pour avant 2009 ou 2010, les sondages montrent que la cote de popularité du New Labour est tombée au plus bas depuis 20 ans.

La défaite la plus difficile à digérer serait celle de Londres, où Boris Johnson pourrait ravir la mairie à Ken Livingstone. Homme excentrique à la chevelure blonde ébouriffée, surnommé "Boris le Bouffon" pour ses gaffes et ses plaisanteries, le candidat conservateur était donné légèrement favori dans les sondages, mais le dépouillement électronique ne devait commencer qu'à 20h30 locales au plus tôt dans la capitale.

Avec un budget annuel de 11 milliards de livres (14 milliards d'euros) et l'organisation des Jeux olympiques de 2012, le maire de Londres dispose du mandat direct le plus important du Royaume-Uni.

Les analystes politiques restaient prudents, soulignant que la bataille de Londres se joue traditionnellement sur la personnalité des candidats. "Ken le Rouge", comme on le surnomme, l'a prouvé en remportant la première élection municipale de la capitale en tant qu'indépendant en 2000. Son succès lui a valu d'être exclu du Parti travailliste, qu'il n'a réintégré qu'en 2004. Cette année-là, il a été réélu alors que dans le reste du pays les municipales viraient au vote-sanction contre Tony Blair et la guerre en Irak.

La chute de Londres dans l'escarcelle des Tories apporterait de l'eau au moulin des détracteurs travaillistes de Gordon Brown, qui souhaiteraient voir cet homme taciturne de 57 ans laisser un candidat plus dynamique mener le parti aux législatives contre David Cameron. Agé de 41 ans, le chef des conservateurs est souvent comparé à Tony Blair pour avoir secoué et rajeuni son parti.

Quant à Gordon Brown, arrivé au pouvoir avec son aura de secrétaire du Trésor d'une décennie de prospérité, il est aujourd'hui critiqué pour sa réaction face à la crise du crédit immobilier, la dégradation de la situation économique ou des mesures fiscales qui ont touché les foyers modestes. "Les gens s'inquiètent pour leurs finances", résume Harriet Harman, N°2 du Parti travailliste. AP

st/v-pa/tl




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