Rechercher iFrance
Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID : Ok
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


BOGOTA - dimanche 27 avril 2008 à 15h30

Le Congrès colombien plombé par le scandale des "parapolitiques"


Agrandir l'image

Le Congrès colombien ne vote que peu de lois ces derniers temps. La faute à un scandale impliquant nombre de parlementaires soupçonnés d'avoir bénéficié de l'aide des mouvements paramilitaires d'extrême droite pour se faire élire. L'affaire a pris une nouvelle tournure cette semaine avec l'arrestation d'un cousin issu de germain du président Alvaro Uribe.

Dans le cadre du scandale des "parapolitiques" qui ne cesse de gonfler depuis des mois, 10% des 268 parlementaires fédéraux colombiens sont déjà derrière les barreaux et dix autres pour cent, parmi lesquels le président du Sénat, font l'objet d'une enquête. A tel point que certains sièges ont été plusieurs fois laissés vacants ces derniers temps.

En guise d'exemple presque caricatural, le sénateur Jorge Enrique Gomez occupe aujourd'hui un siège autrefois occupé par un sénateur emprisonné qui avait remplacé un sénateur ayant démissionné sous le coup d'une enquête, après avoir lui-même succédé à un sénateur mis en prison...

Le scandale a éclaté fin 2006 quand la politologue Claudia Lopez a mis au jour ce qu'elle a qualifié de fraude électorale massive dans des zones contrôlées par les Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Le sénateur Gustavo Petro, opposant déclaré à Alvaro Uribe, a également expliqué devant le Congrès comment des responsables politiques locaux ont collaboré avec des seigneurs de guerre pour prendre le contrôle de la province de Sucre (côte caraïbe).

Selon ces allégations, les paramilitaires auraient favorisé l'élection de membres du camp d'Uribe en éliminant les mouvements rebelles d'extrême gauche dans les zones concernées. Dans certains cas, des responsables politiques sont accusés d'avoir planifié des assassinats avec les seigneurs de guerre.

Un par un, les responsables suspectés ont fait l'objet d'une enquête de la Cour suprême de justice, seule juridiction habilitée en Colombie à poursuivre des parlementaires en exercice. La plupart de ceux qui ont été arrêtés sont détenus à la prison de La Picota à Bogota, où les avocats de renom se succèdent toujours les jours pour s'entretenir avec leurs clients.

L'Union européenne et les Etats-Unis considèrent les AUC et la guerilla d'extrême gauche, principalement les FARC, comme des organisations terroristes par ailleurs impliquées dans le trafic de drogue.

Si le président Uribe a adopté une ligne dure avec la guerilla, il a conclu en 2003 un accord de paix avec les paramilitaires qui prévoit des réductions de peine en échange d'informations sur leurs activités.

Pour l'heure, aucun élément n'a permis de faire le lien direct entre les paramilitaires et Alvaro Uribe, mais le président s'est retrouvé sur la défensive cette semaine avec l'arrestation de Mario Uribe, un cousin issu de germain et allié politique. Le chef de l'Etat a donné une série de longs entretiens à la radio au cours desquels il s'est engagé à garantir la bonne marche de l'enquête. "Je ne suis pas intervenu dans cet épisode", a-t-il assuré. "La première instruction est que le gouvernement n'intervienne pas".

Autre développement cette semaine, les déclarations de Salvatore Mancuso, un ancien chef des AUC dans le nord du pays aujourd'hui emprisonné, qui a affirmé que plus de la moitié des parlementaires pourraient être impliqués dans le scandale. Avant leur démobilisation, les AUC "contrôlaient" plus d'un tiers du Congrès, a-t-il assuré. Il avait par ailleurs affirmé l'an dernier que ses hommes avaient forcé en 2002 des électeurs à voter pour Uribe. Ce dernier avait vivement démenti.

"L'exemple le plus parfait au monde de l'emprise de la mafia sur un Etat s'est produit en Colombie", accuse le sénateur Petro (Pôle démocratique, gauche), un ancien guérillero du M19. Le camp Uribe a plusieurs fois répondu en jugeant que toute ces accusations ont des motivations politiques et sont alimentées par l'opposition de gauche. AP

jp/v0538/mw




Rechercher #iFrance#