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WASHINGTON - jeudi 24 avril 2008 à 21h48

George W. Bush croit toujours à la définition d'un Etat palestinien d'ici janvier



Recevant Mahmoud Abbas à la Maison Blanche, George W. Bush a cherché jeudi à donner un nouveau souffle à un processus de paix au Proche-Orient chancelant, jugeant toujours possible la définition d'un Etat palestinien d'ici à la fin de son mandat en janvier, comme convenu lors de la conférence d'Indianapolis à l'automne.

George W. Bush accueillait le président de l'Autorité palestinienne, venu demander à Washington de faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il arrête l'extension des colonies juives de Cisjordanie, principal obstacle entravant selon lui les discussions israélo-palestiniennes.

S'exprimant en sa compagnie dans le Bureau ovale, George W. Bush a fait part de son optimisme, assurant qu'il croyait toujours à la définition d'un Etat d'ici le mois de janvier, comme il s'y est engagé. "Je suis confiant dans le fait que nous puissions parvenir à la définition d'un Etat", a-t-il affirmé. "J'ai aussi confiance dans le fait que cela va nécessiter de travailler dur".

Il a jugé qu'il était "dans l'intérêt d'Israël et du peuple palestinien d'avoir des dirigeants prêts à travailler vers cet Etat". "Les gens qui peuvent fournir cet Etat, cette vision, pour le peuple palestinien sont assis ici dans le Bureau ovale, emmenés par le président", a-t-il souligné.

Mahmoud Abbas a, de son côté, que les dirigeants palestiniens faisaient "tout (leur) possible" pour parvenir à un accord de paix satisfaisant pour les Palestiniens et Israël. "Je ne peux pas dire que la route vers la paix est pavée de fleurs", a-t-il déclaré. "Elle est pavée d'obstacles. Mais ensemble, nous travaillerons très dur afin d'éliminer ces obstacles et parvenir à la paix".

Avant de s'entretenir avec George W. Bush, Mahmoud Abbas avait rencontré la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, pour lui expliquer que le temps presse pour remplir l'objectif affiché d'Annapolis, un accord israélo-palestinien fin 2008. "Nous voulons sérieusement avoir des négociations sérieuses pour parvenir à un accord d'ici la fin de l'année, mais le fossé reste large entre les Israéliens et nous", a-t-il expliqué dans un discours devant l'Institut américano-arabe après sa rencontre avec Mme Rice.

Selon ses conseillers, Mahmoud Abbas a demandé à Condoleezza Rice que les Etats-Unis interviennent pour faire cesser l'expansion des colonies juives: Israël a annoncé en mars un projet de construction de centaines de nouveaux logements à Jérusalem-est et dans des colonies de Cisjordanie. La "feuille de route" du processus de paix prévoit le gel de la construction dans les implantations, mais cette disposition est interprétée différemment par les deux parties.

"Je vous le dis franchement, l'obstacle le plus important au processus de paix et aux négociations c'est la poursuite des activités d'implantations", a insisté Mahmoud Abbas. "Donc, j'appelle le gouvernement israélien à cesser toutes les activités d'implantations pour que nous puissions avoir de vraies réunions pour parvenir à une solution sur les questions clé", a souligné le dirigeant palestinien, confronté également à la lutte de pouvoir avec les islamistes du Hamas, qui contrôlent la Bande de Gaza depuis juin dernier.

Mahmoud Abbas veut parvenir d'ici janvier à un accord-cadre, avec un calendrier et des engagements précis aboutissant à la création d'un Etat palestinien indépendant, et pas une simple "déclaration de principes" comme l'ont suggéré certains responsables israéliens.

George W. Bush a fait de la situation au Proche-Orient une des priorités de sa dernière année de présidence, avec l'espoir d'arracher un accord avant de quitter la Maison Blanche en janvier prochain.

L'administration Bush caressait l'espoir d'organiser un sommet de paix lors du voyage présidentiel au Proche-Orient le mois prochain à l'occasion des 60 ans de la création de l'Etat d'Israël, éventuellement dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, au bord de la Mer Rouge, où doit se tenir la rencontre avec son homologue égyptien Hosni Moubarak.

Les Américains auraient aimé que les pays arabes viennent apporter leur soutien à une sorte de déclaration intermédiaire provisoire, histoire de montrer qu'il y a eu au moins quelques progrès depuis Annapolis, explique-t-on à Washington. Mais la lenteur avec laquelle les discussions israélo-palestiniennes progressent depuis cinq mois rend bien improbable un tel sommet, qui suscite encore beaucoup de défiance, tant du côté arabe que du côté israélien. AP

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