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La visite du pape Benoît XVI aux Etats-Unis a certes déplacé les foules et redoré l'image populaire du souverain pontife, mais l'impact à long terme de ce pèlerinage en terre américaine demeure incertain.
"Dans l'immédiat, la visite a été un franc succès, probablement au-delà des attentes de tout le monde, incluant le pape lui-même", estime Russell Shaw, un écrivain catholique et ancien porte-parole de la Conférence des évêques américains. "Maintenant, est-ce que ce voyage aura un impact significatif sur les problèmes considérables auxquels le catholicisme américain fait face, rien n'est moins sûr".
Au cours de sa visite de six jours qui s'est achevée dimanche, Benoît XVI a invité les pays riches à prendre leurs responsabilités face aux pays pauvres, tout en appelant les catholiques à vivre leur foi dans l'arène publique.
Lors d'apparitions publiques à New York et Washington, le pape s'est tenu loin des discours politiques provocateurs, adoptant un ton modéré et conciliateur. Il a notamment soutenu la réunion des familles d'immigrants, sans discuter de politiques spécifiques, et il a livré un plaidoyer pour la paix sans toutefois aborder la guerre en Irak.
Benoît XVI a aussi défendu "le droit à la vie de tous les êtres humains depuis la conception jusqu'à la mort naturelle", tout en évitant le thème de l'avortement.
Les fidèles américains se souviendront surtout des commentaires répétés de Benoît XVI à propos de la honte de l'Eglise catholique face au scandale des abus sexuels commis par des prêtres aux Etats-Unis.
"Selon moi, le point culminant de cette semaine est survenu lorsqu'il a rencontré des victimes d'abus sexuels", a estimé Bill McGravey, éditeur du magazine web Bustedhalo.com, propriété d'un ordre religieux catholique.
Selon John Allen Jr., correspondant pour l'hebdomadaire indépendant "National Catholic Reporter", le pape a laissé une impression de sincérité et de bonté, tout en se montrant à l'aise avec les foules. "C'est une amélioration par rapport à l'image publique dont il disposait au moment de son élection, il y a trois ans", a-t-il jugé.
Malgré l'accueil favorable dont a bénéficié Benoît XVI lors de cette première visite en terre américaine, Russell Shaw demeure sceptique quant à la possibilité de revigorer la ferveur catholique aux Etats-Unis. Depuis quelques années, l'Eglise catholique américaine fait face à un déclin de popularité, combiné à une pénurie de curés et un manque de moyens pour suffire aux besoins de la population latino-américaine croissante.
"Si l'on considère tout ce qui peut être quantifiable dans le catholicisme américain, tout est sur la pente descendante", a conclu Russell Shaw. AP
bas/v375/nc
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