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Un appel au boycott du géant français de la grande distribution Carrefour prenait de l'ampleur mardi en Chine. Cette campagne chinoise lancée sur Internet se veut une riposte patriotique après les manifestations qui ont perturbé le passage de la flamme olympique à Paris.
Des messages en ligne sur les forums chinois, des pétitions et des SMS sur les portables appellent à ne plus faire ses achats dans les hypermarchés Carrefour, l'une des chaînes les plus populaires en Chine, à partir du 1er mai.
Le boycott est lancé par plusieurs associations en ligne et un site Internet baptisé "anti-jialefu.cn", du nom de Carrefour en Chine, qui expliquent que les manifestations de protestation en France contre la situation des droits de l'Homme et la répression chinoise au Tibet constituaient une attaque contre la Chine.
"Le peuple français et le gouvernement ont méprisé le sérieux de la flamme olympique et les sentiments du peuple chinois", lance la pétition. "Nous vous encourageons à ne plus aller chez Carrefour faire vos courses et aller dans d'autres supermarchés (...) la Chine ne peut pas être insultée"!
Des SMS appelant au boycott de Carrefour sont aussi diffusés sur les téléphones portables à Pékin. Les destinataires sont invités à renvoyer le message à 20 autres personnes.
L'appel au boycott a été diffusé sur les principaux portails chinois, suscitant des centaines de pages de commentaires positifs. Une étude publiée sur le portail NetEase affirme que 91% des quelque 11.000 personnes ayant répondu soutiennent le boycott des produits français.
Le "Global Times", publié par le "Quotidien du Peuple", l'organe officiel du parti communiste chinois, rapportait mardi que "beaucoup" de Chinois en France et en Chine appelaient au boycott.
Dans un communiqué, Carrefour a assuré que "les informations circulant notamment sur Internet en Chine et qui tendraient à faire jouer au groupe Carrefour un quelconque rôle dans l'actualité politique chinoise intérieure ou les relations internationales sont fausses et sans fondement".
Le groupe rappelle qu'"il a manifesté, dès le début, son soutien à la candidature de la ville de Pékin pour l'organisation des Jeux olympiques" et qu'"aujourd'hui tous ces magasins à Pékin se préparent à accueillir tous les participants, visiteurs et clients".
Le groupe, qui revendique deux millions de clients en Chine, précise que 98% de ses 40.000 collaborateurs en Chine sont Chinois et que 80% des produits vendus dans ses 122 hypermarchés en Chine sont achetés au près de 22.300 fournisseurs chinois. Carrefour est la deuxième chaîne d'hypermarchés dans le monde derrière l'Américain Wal-Mart.
De son côté, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Jiang Yu s'est refusée à condamner l'appel au boycott. "Récemment, certains Chinois ont exprimé leurs vues et leurs sentiments. Je crois qu'il y a une raison à cela et le côté français doit l'examiner et y prêter attention. Je crois que le peuple chinois exprimera son appel raisonnable en conformité avec la loi", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.
Nombre des clients d'un Carrefour du centre de Pékin n'avaient pas entendu parler de l'appel au boycott.
Des appels plus virulents encore pour le boycott des produits japonais avaient circulé lors des manifestations anti-nippones de 2005 sans avoir beaucoup d'effet. AP
sb/v281
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