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actu & culture


BOGOTA - vendredi 28 mars 2008 à 13h44

Bogota fait un pas vers les FARC pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt


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Bogota fait un geste en direction des FARC. Le gouvernement colombien a annoncé qu'il était prêt à libérer des guérilleros prisonniers si celle-ci relâchait d'abord de nouveaux otages, parmi lesquels la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, dont les nouvelles sur son état de santé sont toujours plus alarmantes.

Le Haut commissaire à la paix colombien Luis Carlos Restrepo a expliqué jeudi soir que la libération de plusieurs otages des FARC pourrait amorcer le processus d'échange humanitaire appelé de leurs voeux par les proches des otages et la communauté internationale.

"Il suffit simplement qu'Ingrid Betancourt soit immédiatement libérée pour que nous considérions que cet accord humanitaire soit lancé, en appliquant les bénéfices d'une suspension de peine aux membres de la guérilla" emprisonnés, a-t-il déclaré à la presse.

En échange de la libération des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), les guérilleros relâchés par le gouvernement devraient s'engager à ne pas reprendre les armes une fois libres, a indiqué Luis Carlos Restrepo. "Nous espérons à présent que l'appel national et international à la libération d'Ingrid Betancourt pourrait nous mener le plus vite possible à sa liberté", a-t-il ajouté à l'issue d'une rencontre avec le président Alvaro Uribe.

Ce geste de Bogota intervient alors que les dernières informations sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt, otage des FARC depuis six ans, sont toujours plus alarmantes. Le gouvernement colombien a ainsi indiqué jeudi que la sénatrice souffrait d'une hépatite B et d'une affection de la peau, la leishmaniose. Selon son époux Juan Carlos Lecompte, il ne lui resterait plus que "quelques mois" à vivre.

Joint par l'Associated Press, l'ancien mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, a jugé que l'offre du gouvernement colombien était "une étape positive". Il a estimé qu'il s'agissait de "la première fois que le gouvernement colombien parle de la libération d'Ingrid et de l'opportunité d'un accord humanitaire", tout en soulignant que ce n'était "qu'une étape".

"Restrepo doit être plus précis (...) et dire aux FARC 'nous sommes prêts à parler avec vous, nous sommes prêts à conclure un accord humanitaire lors d'une rencontre dans une zone libre ou démilitarisée dans le sud-ouest de la Colombie'", a-t-il expliqué.

Toujours à Paris, le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay Frédéric Desagneaux a salué l'"importante" proposition des autorités colombiennes, qualifiée de "geste qui va dans le bon sens": "nous appelons les FARC à saisir sans délai cette opportunité dans un moment crucial", a-t-il ajouté. Rappelant l'urgence humanitaire absolue" à libérer Ingrid Betancourt, il a conclu: Les FARC doivent réaliser les avancées décisives attendues. leur responsabilité est engagée, le temps presse".

Les FARC exigent la création d'une zone démilitarisée dans la région de Florida et Pradera (sud-ouest) où pourraient se tenir d'éventuels pourparlers en vue d'un échange humanitaire. Alvaro Uribe a jusqu'ici rejeté cette idée.

Les FARC ont libéré plusieurs otages depuis le début de l'année, dans le cadre d'une médiation assurée par le président vénézuélien Hugo Chavez et la Croix-Rouge internationale. Mais elles n'ont plus évoqué un possible échange humanitaire depuis la mort de leur numéro deux Raul Reyes, tué le 1er mars lors d'une opération colombienne en territoire équatorien. AP

jp-tl/v/nc




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