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actu & culture


PARIS - lundi 24 mars 2008 à 18h06

Tibet: Sarkozy sort du silence pour appeler Pékin à la "retenue"



Nicolas Sarkozy sort de son silence sur le Tibet. Le président français a appelé lundi la Chine à la "retenue" et proposé ses services pour une éventuelle médiation, alors que l'opposition dénonçait la timidité de la France face aux violences et aux appels au boycott des Jeux olympiques.

Dans un communiqué publié lundi, Nicolas Sarkozy "appelle à la retenue et à la fin des violences par le dialogue au Tibet". Dans un message adressé à son homologue chinois Hu Jintao, le chef de l'Etat exprime pour la première fois "sa profonde émotion à la suite des événements tragiques récents". Il fait part de la "disponibilité de la France à faciliter (une) reprise du dialogue" entre les autorités chinoises et le Dalaï-Lama.

Nicolas Sarkozy reste en revanche silencieux sur la question des Jeux olympiques, alors que les appels au boycott se multiplient en France. Trois membres français de l'organisation Reporters sans frontières (RSF) ont d'ailleurs perturbé lundi la cérémonie d'allumage de la flamme olympique sur le site antique d'Olympie.

Si 55% des Français sont hostiles à un boycott des JO par les sportifs français selon un sondage CSA publié lundi dans "Libération", ils sont 53% à souhaiter que Nicolas Sarkozy n'assiste pas à la cérémonie d'ouverture des Jeux, le 8 août prochain.

Le président français s'est à plusieurs reprises déclaré hostile au boycott des jeux, et a aussi fait part de son intention d'assister le 8 août prochain à la cérémonie d'ouverture à Pékin. Il sera alors le président en exercice de l'Union européenne.

Interrogé sur la situation au Tibet lors du Conseil européen de Bruxelles, il s'était contenté de rappeler avoir évoqué la question des droits de l'Homme lors de sa visite en Chine fin 2007. Depuis, silence radio du côté de l'Elysée. "Sur les Jeux olympiques, le président a été très clair", se bornait-on à rappeler jeudi dans l'entourage du chef de l'Etat.

La semaine dernière, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait d'abord jugé "intéressante" l'idée d'un boycott de la cérémonie d'ouverture, avant de la juger finalement "irréaliste".

Nicolas Sarkozy "a saisi la gravité de la situation" et "n'a pas mis le drapeau des droits de l'homme dans sa poche", a assuré lundi sur France-info la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade. Mais "le boycott n'est pas la solution aujourd'hui", a-t-elle réaffirmé. En revanche, "nous maintenons une pression diplomatique forte".

Selon Mme Yade, le ministre chinois des Affaires étrangères a "sollicité un entretien" avec Bernard Kouchner, "qui aura à ce moment l'occasion de donner la position française par rapport aux événements tragiques du Tibet".

L'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici avait fustigé dimanche le "silence assourdissant" de Nicolas Sarkozy. "Si la cérémonie d'ouverture était boycottée par les démocraties, cela manifesterait que le coeur n'y est pas, que la fête n'y est pas, qu'il n'y a aucune forme d'approbation au régime", avait-il estimé.

Le député socialiste Jack Lang a également appelé Bernard Kouchner à sortir de sa "réserve". "Nous avons été ensemble ministres de François Mitterrand (...) Que sont devenues les paroles enflammées et justes que tu prononçais en ce temps-là? Se sont-elles envolées, telles de feuilles mortes sous les lambris des palais ministériels?".

M. Lang a souhaité dimanche que le président français invite le Dalaï Lama à Paris, et que la France réclame à Pékin une enquête internationale sur les violences au Tibet.

Les manifestations au Tibet ont dégénéré en violence le 14 mars et le gouvernement chinois a envoyé sur place plusieurs milliers de militaires. Pékin reconnaît désormais officiellement 22 morts lors des violences à Lhassa, la capitale du Tibet, la semaine dernière. Le gouvernement tibétain en exil affirme lui que 99 Tibétains ont été tués (80 à Lhassa et 19 dans la province du Gansu). AP

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