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Le président équatorien Rafael Correa a menacé samedi la Colombie d'une nouvelle "offensive diplomatique" si la mort de son compatriote Franklin Aizalia lors de l'attaque d'un campement des FARC sur le sol équatorien au début du mois était confirmée.
Bogota a répondu dans la nuit de samedi à dimanche en rappelant "au monde" que le camp visé par le raid armé du 1er mars "était un nid de terroristes". Dans un court communiqué de deux lignes, la présidence colombienne réaffirme sa volonté de se conformer à toute décision que prendra l'Organisation des Etats américains, qui enquête sur cette incursion en territoire équatorien.
L'attaque en question, qui avait coûté la vie au N°2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) Raul Reyes, avait déclenché une crise diplomatique sans précédent entre la Colombie, l'Equateur et le Venezuela.
"Il reste beaucoup de choses à faire", a pour sa part déclaré le président Correa lors de son programme radiophonique samedi, en allusion aux allégations des parents d'Aizalia, selon lesquelles un cadavre initialement identifié comme étant celui du guérillero Julian Conrado serait en fait celui de leur fils, un serrurier porté disparu depuis plus de trois semaines.
Les membres de la famille du disparu fondent leur version des faits sur des photographies parues dans la presse. Ils se rendront lundi en Colombie pour identifier le corps.
S'il s'avère qu'ils ont raison, il s'agirait de "l'assassinat d'un Equatorien sur le sol équatorien par des forces étrangères", ce qui, a estimé Rafael Correa, serait "extrêmement grave".
"Dans ce cas, alors oui, nous entamerons une offensive diplomatique très forte parce que nous ne laisserons pas cet assassinat impuni", a-t-il ajouté, appelant l'Organisation des Etats américains à "agir avec fermeté" si l'identification du corps grâce à l'analyse de son ADN se révèle concluante.
Le président colombien Alvaro Uribe a assuré que des documents saisis dans l'ordinateur de Raul Reyes faisaient apparaître un financement par les FARC de la campagne présidentielle de M. Correa en 2006. Selon M. Uribe, le raid du 1er mars a également permis d'apprendre que le président vénézuélien Hugo Chavez, lui aussi en conflit avec Bogota, prévoyait de verser 300 millions de dollars à la guérilla colombienne.
Rafael Correa a indiqué samedi qu'il avait réclamé les documents évoqués par M. Uribe, qui n'auraient selon lui aucune validité "technique et juridique".
L'attaque de l'armée colombienne en territoire équatorien avait fait 26 morts, dont quatre étudiants mexicains et un soldat colombien. Trois femmes avaient par ailleurs été blessées dans l'opération. Elles sont toujours hospitalisées à l'Hôpital militaire de Quito. AP
ca/tl/v254
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