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TAIPEI, Taïwan - samedi 22 mars 2008 à 10h18

Le candidat du Kuomintang en tête de la présidentielle à Taïwan, selon les premiers résultats



Le candidat du parti nationaliste Kuomintang (KMT) Ma Ying-jeou, qui prône un rapprochement avec Pékin, était en tête samedi des premiers résultats partiels de la présidentielle à Taïwan, rapportent les chaînes de télévision ETTV et TVB.

D'après ces chaînes, après le dépouillement de 50% des bulletins, Ma Ying-jeou posséderait une avance de 16 points sur son rival Frank Hsieh du Parti démocrate progressiste (DDP) du président sortant Chen Shui-bian, dont les deux mandats ont été marqués par de fortes tensions avec la Chine.

Quelque 17 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes samedi à Taïwan pour désigner leur nouveau président. L'avenir des relations avec Pékin constitue l'un des principaux enjeux de cette quatrième présidentielle au suffrage universel direct organisée sur l'île.

Les électeurs étaient aussi invités à participer à deux référendums, appelant le gouvernement à travailler en faveur d'un siège de Taïwan aux Nations unies. Chaque proposition doit être approuvée par environ 63% des électeurs.

Ma Ying-jeou, dont le parti contrôle déjà l'Assemblée nationale, partait favori. Face à la crise au Tibet, son rival a agité ces derniers jours la menace de la répression chinoise. "Si Ma est élu, l'avenir de Taïwan sera en danger", a-t-il lancé vendredi lors d'un meeting à Chiayi (sud). "Ce sera la même chose pour la Chine d'attaquer le Tibet ou Taïwan car ce sera une affaire intérieure chinoise."

M. Ma accuse son rival d'exploiter la question du Tibet à des fins politiques, mais a lui-même menacé de boycotter les Jeux olympiques d'été à Pékin si la situation s'aggrave dans la région himalayenne.

Ancien maire de Taïpei et ex-ministre de la Justice, Ma Ying-jeou, 57 ans, a fait campagne sur la promesse de revenir sur la politique pro-indépendantiste du président sortant et renforcer les liens avec la géant chinois en pleine croissance pour relancer l'économie défaillante de Taïwan, basée sur la haute technologie.

Le candidat du Kuomintang a proposé un traité de paix officiel avec Pékin qui démilitariserait le détroit de Formose séparant l'île de la Chine continentale. Mais il promet que le rapprochement n'irait pas jusqu'à une réunification, assurant que le sujet ne serait pas abordé lors de sa présidence.

Sur le plan économique, Ma Ying-jeou veut réduire les freins à l'investissement taïwanais en Chine continentale, qui atteint déjà plus de 65 millions d'euros et mettre en place des liaisons maritimes et aériennes directes. Il mise particulièrement sur le renforcement des échanges dans le secteur de la haute technologie.

Son adversaire Frank Hsieh, 61 ans, qui soutient les positions indépendantistes de son parti, souhaite néanmoins apaiser les tensions avec Pékin, sans être aussi pressé d'engager un rapprochement. Contrairement au président sortant, il se montre favorable à une amélioration des relations commerciales avec la Chine continentale, du moins jusqu'à un certain point. Il prône ainsi un assouplissement des restrictions imposées par Chen Shui-bian sur la taille des investissements taïwanais en Chine et l'augmentation des vols charters entre les deux partis.

Taïwan et la Chine se sont séparées à l'issue d'une guerre civile en 1949, mais Pékin continue de revendiquer sa souveraineté sur l'île. La Chine menace d'entrer en guerre si Taïwan formalise son indépendante de fait. AP

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