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Le Parlement du Kosovo, convoqué en session extraordinaire, a proclamé dimanche à Pristina l'indépendance de la province serbe à majorité albanophone.
"Le Kosovo est une république, un Etat indépendant, démocratique et souverain", a déclaré le président du Parlement Jakup Krasniqi, sous les applaudissements des parlementaires.
"A partir d'aujourd'hui, le Kosovo est fier, indépendant et libre", avait déclaré avant le vote à l'unanimité de la proclamation le Premier ministre Hashim Thaci. "Nous n'avons jamais perdu foi dans le rêve qu'un jour, nous compterions parmi les nations libres du monde", a-t-il ajouté. Le Kosovo, a-t-il dit, ne "sera plus jamais" gouverné par Belgrade. Ce sera un Etat "démocratique, pluriethnique", a-t-il assuré.
Jakup Krasniqi, Hashim Thaci et le président kosovar Fatmir Sejdiu ont paraphé la proclamation, consignée sur un parchemin, avant de dévoiler le nouveau drapeau: une carte du Kosovo dorée sur fond bleu clair avec six étoiles, une pour chacun des six principaux groupes ethniques du Kosovo.
Sans surprise, la déclaration d'indépendance, "unilatérale et illégale" a été immédiatement rejetée par la Serbie, par la voix de son président Boris Tadic. Belgrade, soutenue par Moscou, avait exclu par avance de reconnaître le nouvel Etat. Boris Tadic a demandé dimanche aux institutions internationales de déclarer "nulle et non avenue" cette proclamation qui "viole les principes fondamentaux du droit international".
La Serbie, a-t-il souligné, "fera tout ce qui est en son pouvoir pour révoquer (cette) déclaration d'indépendance unilatérale et illégale". A Moscou, la Russie a également rejeté dimanche la déclaration d'indépendance et réclamé une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies.
Selon une déclaration du ministère des Affaires étrangères, la Russie apporte son soutien aux "justes" revendications de la Serbie de "rétablir l'intégrité territoriale du pays". Moscou ajoute souhaiter que le Conseil de sécurité engage de nouveaux efforts en vue de régler la question du statut du Kosovo.
L'Union européenne, divisée sur la reconnaissance du Kosovo indépendant, a appelé dimanche "toutes les parties au Kosovo" et dans la région à "rester calme et ne répondre à aucune provocation". La communauté internationale ne "tolérera pas" de violences, a ajouté un porte-parole de l'UE, Jens Mester. Washington avait apporté par avance son soutien à l'indépendance.
Le Kosovo était administré par l'ONU depuis 1999 et l'intervention de l'OTAN, une campagne militaire de 79 jours qui mit fin à l'offensive des armées de Slobodan Milosevic contre les séparatistes albanophones. Sur les deux millions de Kosovars, 90% sont de souche albanaise, la plupart musulmans, avec une petite minorité de catholiques.
De son côté, l'UE a donné samedi son feu vert à EU-LEX, mission européenne qui viendra en quatre mois prendre le relais de l'administration onusienne: forte à terme de 1.800 personnes, dont 700 policiers, elle devra "assister les institutions kosovares" et aider au développement et au renforcement d'institutions judiciaires et de sécurité pluriethniques "libres d'interférence politique".
Dans la capitale Pristina, la population fêtait dimanche le nouvel Etat en tirant des coups de feu en l'air et en arborant des drapeaux albanais rouge et noir, tandis que les automobilistes actionnaient leurs avertisseurs sonores. AP
ll/v243-55
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