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Le gouvernement serbe a adopté jeudi une résolution qualifiant par avance d'"invalide et nulle" toute proclamation unilatérale d'indépendance des dirigeants albanophones du Kosovo. Belgrade a fait cette déclaration quelques heures avant la tenue d'une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU sur l'avenir de la province, à la demande de Moscou et Belgrade.
"Une telle mesure représenterait un acte flagrant et unilatéral de sécession d'une partie du territoire de la République de Serbie, et est par conséquent invalide et nulle", a affirmé le gouvernement serbe dans un communiqué.
Le gouvernement serbe a déjà adopté un "plan d'action" secret qui doit être appliqué si le Kosovo déclare son indépendance. Il comprendrait des mesures de rétorsion pour encourager la minorité serbe forte de 100.000 personnes, concentrée essentiellement dans le nord de la province, à rejeter la déclaration d'indépendance et à garder officiellement ses territoires sous le contrôle de Belgrade, entraînant de facto une partition de la province qui compte deux millions d'habitants.
Mais le plan ne prévoit pas d'action militaire contre le Kosovo, qui est actuellement contrôlé par 16.000 soldats de l'OTAN.
"Le Kosovo reste une partie constitutive et inaliénable de la Serbie", a déclaré le Premier ministre Vojislav Kostunica, ajoutant que les autorités serbes "augmenteront et renforceront" leur présence au Kosovo.
Dans son communiqué, le gouvernement affirme que tous les Serbes vivant au Kosovo restent "citoyens de Serbie et ont tout à fait le droit de ne pas reconnaître une déclaration illégale d'indépendance unilatérale" par les albanophones du Kosovo.
Le gouvernement a aussi demandé au Conseil de sécurité d'"annuler immédiatement" toute déclaration d'indépendance du Kosovo.
A Pristina, un parlementaire a affirmé que la résolution serbe n'aurait pas d'effet sur l'intention des autorités de déclarer l'indépendance. "Ce que la Serbie fait est hors de propos", a déclaré ce parlementaire, Vlora Citaku. "La Serbie ne peut invalider que les décisions de sa propre assemblée. Le Kosovo a son propre chemin qui est soutenu par la communauté internationale".
Le Kosovo, où 90% de la population est albanophone, est administré par l'ONU, avec le soutien de l'OTAN, depuis 1999, quand l'Alliance Atlantique a mené une guerre aérienne pour faire cesser la répression serbe contre des séparatistes albanophones.
En avril 2007, l'émissaire spécial des Nations unies pour le Kosovo, Martti Ahtisaari, avait présenté un plan proposant une indépendance de la province sous supervision internationale. Il avait buté sur le refus de la Serbie et de la Russie, qui possède un droit de veto au Conseil de sécurité.
Les dirigeants albanophones du Kosovo pourraient déclarer dimanche ou lundi l'indépendance de leur province. Les Etats-Unis soutiennent cette initiative, tout comme la plupart des membres de l'Union européenne, qui considèrent cette mesure comme le stade final de la sécession avec la fédération yougoslave.
Mais la Serbie maintient qu'une déclaration d'indépendance des dirigeants albanophones du Kosovo constituerait une violation d'une résolution de l'ONU datant de 1999, garantissant notamment l'intégrité territoriale de la Serbie.
La Russie, alliée de la Serbie, s'est prononcée contre une déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo, mettant en garde contre une possible réaction en chaîne de mouvements sécessionnistes en Europe et dans le monde. Le président russe Vladimir Poutine a affirmé que le fait de reconnaître l'indépendance du Kosovo serait "immoral et illégal" et que les pays européens qui prévoient de le faire devraient "avoir honte".
Le gouvernement serbe, à Belgrade, a aussi dénoncé un plan de l'UE visant à déployer une mission de 1.800 hommes, du personnel de justice et de police, pour remplacer l'administration de l'ONU au Kosovo. Il a fait savoir qu'il ne reconnaîtrait pas une mission qui n'ait pas de statut la liant légalement avec la Serbie. Mais il a toutefois précisé qu'en dehors de cette question, la coopération se poursuivrait avec les 27 pays de l'UE. AP
pyr/v590
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