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actu & culture


BELGRADE - dimanche 03 fevrier 2008 à 19h48

Les Serbes désignent leur président


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Les Serbes votaient dimanche lors du second tour de l'élection présidentielle pour désigner celui qui sera appelé à réagir dans les prochaines semaines à une probable déclaration d'indépendance du Kosovo. Le scrutin opposait le président sortant, le pro-occidental Boris Tadic, à l'extrémiste de droite Tomislav Nikolic, eurosceptique et ancien proche de Slobodan Milosevic.

Après un premier tour remporté par Tomislav Nikolic, de l'ultranationaliste Parti radical serbe (SRS), certains sondages donnaient ces derniers jours une légère avance à M. Tadic, un modéré pro-occidental de 50 ans, chef du Parti démocrate (DS). Mais tous les instituts prévoyaient une bataille extrêmement serrée entre les deux hommes, déjà opposés l'un à l'autre lors de la dernière élection en 2004.

A trois heures de la fermeture du scrutin, environ 51% des 6,7 millions d'électeurs s'étaient rendus aux urnes, selon les autorités électorales. Lors du premier tour, le 20 janvier, la participation à la même heure était inférieure de trois points. Le taux final s'était élevé à 61%.

Le vainqueur de dimanche devrait largement peser sur l'avenir de l'ancienne république yougoslave. Il devra en particulier choisir entre la poursuite des réformes et du rapprochement avec l'Union européenne ou le retour vers le passé nationaliste serbe.

Le nouveau président aura notamment la charge de réagir à la proclamation probable par les autorités du Kosovo de l'indépendance de la province serbe à majorité albanophone.

Les deux candidats affichent leur opposition à cette perspective, mais Tadic a exclu le recours à la force et devrait privilégier les relations avec les pays occidentaux, y compris avec ceux qui reconnaîtraient la souveraineté du nouveau pays. Nicolic promet lui de retirer la candidature de Belgrade à l'Union européenne si les Européens devaient soutenir la déclaration d'indépendance des Kosovars ce qui semble probable.

L'élu devra aussi prouver sa volonté de faire arrêter les suspects de crimes de guerre en fuite réclamés par le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye (Pays-Bas), et en particulier le général bosno-serbe Ratko Mladic et l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic.

Là aussi, les deux candidats ont une position éloignée: alors que le parti de Tadic a contribué à la chute de Slobodan Milosevic en 2000, le chef du parti de Nikolic, Vojislav Seselj, est actuellement poursuivi pour crimes de guerre. Nicolic lui-même a gouverné aux côtés de l'ancien président défunt Slobodan Milosevic pendant les guerres des années 1990 dans les Balkans.

Au-delà de ces questions, M. Nikolic peut également compter sur le soutien des Serbes déçus des réformes économiques de ces récentes années, qui ont abouti au licenciement de quelque 140.000 salariés et n'ont pas permis d'augmenter vraiment le niveau de vie des Serbes. Le salaire moyen stagne à un niveau d'environ 450 euros (660 dollars) par mois.

Les bureaux de vote ont ouvert à 5h00 GMT dimanche et fermé à 18h GMT (19h à Paris). Les résultats officiels n'étaient pas attendus avant lundi. AP

tl/lp/v352/sb




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