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BELGRADE - dimanche 20 janvier 2008 à 23h32

Présidentielle serbe: l'ultranationaliste Tomislav Nikolic en tête



L'ultranationaliste Tomislav Nikolic est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle en Serbie dimanche avec environ 39% des voix contre 35% au président sortant Boris Tadic, selon des chiffres du Centre pour les élections libres et la démocratie. Cet institut indépendant de Belgrade a procédé à son propre décompte du scrutin.

Selon la commission électorale serbe, qui a publié des résultats partiels portant sur 30% des bulletins dépouillés, Tomislav Nikolic a recueilli 38% des voix, contre 35% à Boris Tadic. Les résultats définitifs attendus lundi ne devraient pas être sensiblement différents, a ajouté la commission. Le second tour, le 3 février, "sera extrêmement serré", pronostique Zoran Lucic, un responsable du Centre pour les élections libres et la démocratie.

Les électeurs étaient appelés aux urnes dimanche pour un scrutin à l'enjeu majeur: l'option d'un rapprochement avec l'Europe incarné par le chef d'Etat sortant Boris Tadic, ou celle de l'isolement international symbolisé par l'ultranationaliste Tomislav Nikolic.

La déclaration d'indépendance de la province séparatiste du Kosovo, attendue le mois prochain, plane sur ce scrutin jugé crucial pour l'avenir des Serbes. Quelque 6,7 millions d'électeurs devaient départager neuf candidats, mais seules deux candidatures étaient jugées sérieuses, celles de Boris Tadic et Tomislav Nikolic.

Plus de 100.000 electeurs étaient appelés à voter au Kosovo, où le scrutin n'était organisé que dans les municipalités contrôlées par la Serbie. La population albanophone de la province boycotte tous les scrutins serbes depuis le début des années 90.

Selon la commission électorale, la participation a atteint 61%, le taux le plus élevé depuis 2000. Lors du précédent scrutin en 2004, Tomislav Nikolic avait alors devancé Boris Tadic au premier tour, mais avait été battu au second.

"Cette élection décide du chemin que va prendre la Serbie et quel est l'avenir pour la Serbie et nos enfants", avait souligné M. Tadic après avoir voté, envisageant un deuxième tour de scrutin dans 15 jours. Il s'est dit "absolument certain" de le remporter. "Je ne laisserai pas mon opposant Tomislav Nikolic être président. Je ne nous laisserai pas revenir aux années 90", quand le Parti radical serbe (SRS) de Tomislav Nikolic était allié à Milosevic, a-t-il affirmé dimanche soir.

"Nous ne voulons pas nous disputer avec l'Union européenne", a commenté pour sa part M. Nikolic après avoir déposé son bulletin dans l'urne. "Nous avons besoin de l'UE, mais pas à tout prix", a-t-il ajouté, notant plus tard que la Serbie a exprimé par les urnes sa volonté de "changement". Selon lui, "nous n'avons jamais été si proches de la victoire finale. Personne ne peut nous arrêter".

Tomislav Nikolic, du Parti radical serbe (SRS), est un ancien allié du défunt ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, qu'il a soutenu durant les guerres des années 90 dans les Balkans avant qu'il ne soit évincé du pouvoir en 2000 sous la pression de la rue.

Son élection risquerait de compliquer les relations de Belgrade avec l'Occident. Il a en effet menacé de couper les liens avec tout pays qui reconnaîtrait l'indépendance du Kosovo, souhaitée par Washington et des Etats européens. En outre, le chef du SRS, Vojislav Seselj, est actuellement jugé pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye.

Son principal adversaire, le télégénique président Boris Tadic, chef du Parti démocrate (DS), est également hostile à la sécession du Kosovo. Mais à la différence de M. Nikolic, il a annoncé qu'il poursuivrait sur la voie du rapprochement avec l'Union européenne même si la province serbe à majorité albanophone, gérée par l'ONU depuis 1999, accède à la souveraineté avec la bénédiction de l'UE.

Sa formation a joué un rôle clé dans la chute de Milosevic et son transfert au tribunal de La Haye, où il est mort en 2006 avant la fin de son procès. AP

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