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Thomas Dandois et Pierre Creisson sont libres, a annoncé vendredi Reporters sans Frontières (RSF). Les deux journalistes français, incarcérés au Niger depuis le 17 décembre dernier, ont pu quitter le camp pénal de Kollo, à 20km au sud de Niamey, après qu'un juge d'instruction eut ordonné leur remise en liberté sous caution.
Les deux journalistes, remis en liberté à 18h30, devaient gagner la résidence de l'ambassadeur de France avant de prendre un vol régulier pour Paris dans la nuit, selon un communiqué de l'association de défense de la liberté de la presse. Ils devaient arriver samedi après-midi à l'aéroport d'Orly-Sud, selon RSF.
Arrêtés le 17 décembre dernier, les deux journalistes français avaient été inculpés d'"atteinte à la sûreté de l'Etat". La peine maximale prévue pour ce chef d'inculpation est la peine de mort.
Il leur est reproché d'avoir enfreint l'interdiction de se rendre dans le nord du Niger pour réaliser un reportage sur la rébellion touaregue du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), pour la société de productions Camicas Productions et la chaîne de télévision franco-allemande ARTE.
Les deux journalistes avaient été présentés séparément à un juge, mardi et mercredi. Vendredi, le juge d'instruction en charge de l'affaire a ordonné leur remise en liberté, moyennant le versement d'une caution de dix millions de francs CFA (15.000 euros) pour chacun des deux hommes.
Le président français Nicolas Sarkozy, qui s'était entretenu au téléphone jeudi de cette affaire avec le président nigérien Mamadou Tandja, s'est réjoui de l'"excellente nouvelle" de leur libération prochaine, selon son porte-parole David Martinon. "Le président Tandja lui avait fait part de son souci que les institutions nigériennes soient respectées, et notamment la justice, et cela a été le cas".
Interrogé dans la matinée sur BFM-TV, le secrétaire général de RSF, Robert Ménard avait jugé que les choses se sont accélérées "évidemment parce que la justice en a décidé ainsi, mais parce qu'il y a eu aussi des interventions au plus haut niveau qui ont permis de faire prendre conscience à tout le monde que tout cela était disproportionné". Il a évoqué, "un certain nombre d'interventions au plus haut niveau des Etats, que ce soit en France, au Niger mais aussi dans un certain nombre d'Etats africains qui ont permis de débloquer le dossier".
En outre, a-t-il rappelé, dimanche dernier, le groupe Areva a signé un accord sur l'exploitation de l'uranium dans le nord du Niger, dans la zone touareg, dans la zone de la rébellion, et ça s'est faisait partie du passif entre la France et le Niger".
Les deux Français sont "toujours inculpés" mais "la décision prise ce matin par le juge, c'est la preuve concrète que l'accusation d'atteinte à la sûreté de l'Etat n'a pas de sens", selon Robert Ménard, qui a souligné que "la bonne nouvelle sera complète" quand le chauffeur des deux Français, inculpé de complicité d'atteinte à la sécurité de l'Etat, serait lui aussi libéré. Son avocat a précisé à RSF qu'il avait déposé dans la matinée une demande de remise en liberté provisoire pour son client.
RSF espère aussi une remise en liberté rapide "pour nos confrères Moussa Kaka et Ibrahim Manzo Diallo". Moussa Kaka, correspondant de RFI et de Reporters sans frontières au Niger, est incarcéré à la prison civile de Niamey depuis fin septembre 2007 pour sa prétendue "connivence" avec la rébellion touarègue du MNJ. Ibrahim Manzo Diallo, directeur de publication de l'hebdomadaire Aïr Info, est détenu à Agadez depuis fin octobre pour les mêmes motifs. AP
ma/com/jp/sb/com
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