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actu & culture


PARIS - vendredi 18 janvier 2008 à 13h53

Niger: le juge d'instruction a ordonné la remise en liberté sous caution de Thomas Dandois et Pierre Creisson



Le juge d'instruction en charge de l'affaire des journalistes français Thomas Dandois et Pierre Creisson, incarcérés au Niger depuis le 17 décembre 2007, a ordonné leur remise en liberté sous caution, le 18 janvier 2008, a annoncé Reporters sans frontières, vendredi.

Le président français Nicolas Sarkozy, qui s'était entretenu au téléphone jeudi de cette affaire avec le président nigérien Mamadou Tandja, s'est réjoui de cette "excellente nouvelle", selon son porte-parole David Martinon. "Le président Tandja lui avait fait part de son souci que les institutions nigériennes soient respectées, et notamment la justice, et cela a été le cas. Nous espérons maintenant que ce retour en France pourra se faire dans les meilleurs délais", a déclaré David Martinon.

Selon RSF, qui cite le frère de Pierre Creisson et l'un de leurs avocats Me Moussa Coulibaly, les deux journalistes en reportage pourront être relâchés dès que la justice nigérienne aura obtenu le versement d'une caution de dix millions de francs CFA (15.000 euros) pour chacun des deux hommes. Les familles s'efforçaient de réunir la somme demandée pour permettre leur libération rapide du camp pénal de Kollo (20km au sud de Niamey) où ils sont détenus, selon RSF qui précise que leur passeport leur ayant été rendu, ils pourront regagner la France une fois sortis de prison.

"Il y a le temps du transfert, mais évidemment c'est une question d'heures maintenant, voire de minutes puisque je viens d'avoir Niamey au téléphone. C'est un grand soulagement", a commenté l'avocat des Français Me William Bourdon sur France-Info. "La caution a été fixée à un montant de l'ordre de 30.000 euros, en tout. C'est ce que nous avions proposé aux magistrats instructeurs", a-t-il précisé. "Cette décision me paraît une décision juste".

Arrêtés le 17 décembre 2007, les deux journalistes français avaient été inculpés d'"atteinte à la sûreté de l'Etat" et leur chauffeur de "complicité". La peine maximale prévue pour ce chef d'inculpation est la peine de mort.

Les autorités reprochaient aux journalistes d'avoir enfreint l'interdiction de se rendre dans le nord du Niger pour réaliser un reportage sur la rébellion touaregue du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), pour la société de productions Camicas Productions et la chaîne de télévision franco-allemande ARTE.

"On a eu Pierre et Thomas au téléphone. Ils étaient fous de joie, parce que quand on les a quittés mercredi, ils étaient au plus bas, ils avaient le sentiment que les choses n'avançaient pas, que la procédure judiciaire pourrait être enterrée", a déclaré le secrétaire général de RSF Robert Ménard sur BFM-TV.

D'après lui, les choses se sont accélérées "évidemment parce que la justice en a décidé ainsi, mais parce qu'il y a eu aussi des interventions au plus haut niveau qui ont permis de faire prendre conscience à tout le monde que tout cela était disproportionné". Il a évoqué, "un certain nombre d'interventions au plus haut niveau des Etats, que ce soit en France, au Niger mais aussi dans un certain nombre d'Etats africains qui ont permis de débloquer le dossier".

En outre, a-t-il rappelé, "dimanche dernier, Areva a signé un accord sur l'exploitation de l'uranium dans le nord du Niger, dans la zone touareg, dans la zone de la rébellion, et ça s'est faisait partie du passif entre la France et le Niger".

Les deux Français sont "toujours inculpés" mais "la décision prise ce matin par le juge, c'est la preuve concrète que l'accusation d'atteinte à la sûreté de l'Etat n'a pas de sens", selon Robert Ménard, qui a souligné que "la bonne nouvelle sera complète" quand le chauffeur des deux Français serait lui aussi libéré. Son avocat a précisé à RSF qu'il avait déposé dans la matinée une demande de remise en liberté provisoire pour son client.

RSF espère aussi une remise en liberté rapide "pour nos confrères Moussa Kaka et Ibrahim Manzo Diallo".

Moussa Kaka, correspondant de RFI et de Reporters sans frontières au Niger, est incarcéré à la prison civile de Niamey depuis fin septembre 2007 pour sa prétendue "connivence" avec la rébellion touarègue du MNJ. Ibrahim Manzo Diallo, directeur de publication de l'hebdomadaire Aïr Info, est détenu à Agadez depuis fin octobre pour les mêmes motifs. AP

ma/com/jp/sb




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