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actu & culture


PARIS - jeudi 10 janvier 2008 à 18h31

6e anniversaire de Guantanamo: RSF réclame la fermeture du centre et la libération du Soudanais Sami al-Haj



A la veille du sixième anniversaire de la reconversion du site militaire américain de Guantanamo (Cuba) en camp de prisonniers, Reporters sans frontières a une nouvelle fois réclamé jeudi la fermeture du centre et la libération du Soudanais Sami al-Haj, caméraman de la chaîne qatarie Al-Jazira, jamais inculpé.

Arrêté en décembre 2001 à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan par les forces de sécurité pakistanaises, Al-Haj a été livré un mois plus tard à l'armée américaine et transféré sur la base de Guantanamo le 13 juin 2002, rappelle RSF dans un communiqué. L'armée américaine l'a accusé sans preuve d'avoir réalisé une interview clandestine d'Oussama ben Laden, de trafic d'armes pour le compte d'Al-Qaïda et d'animation d'un site internet islamiste.

L'organisation de protection de la liberté de la presse ajoute que, régulièrement torturé et soumis à près de 200 interrogatoires, Sami al-Haj a entamé, le 7 janvier 2007, une grève de la faim pour protester contre sa détention, ce qui lui a valu d'être nourri de force à plusieurs reprises.

"Le scandale juridique et humanitaire incarné par Guantanamo dure depuis maintenant six ans. Pour quel résultat? En l'absence de charges, 500 des prisonniers de la base en sont sortis, le plus souvent renvoyés vers leur pays d'origine. On comprend d'autant plus mal le maintien en détention de près de 300 personnes, alors que les autorités ont prévu d'en juger entre soixante et quatre-vingt", dénonce RSF.

L'ONG se réjouit que "le 30 juin 2006, la Cour suprême des Etats-Unis a justement déclaré anticonstitutionnels les tribunaux militaires d'exception destinés à juger les 'ennemis combattants' et, le 7 juin 2007, le comité judiciaire du Sénat s'est prononcé en faveur du rétablissement de l'habeas corpus pour ces derniers".

"Il faut aller plus loin", estime pourtant RSF. "Le vainqueur du scrutin présidentiel du 7 novembre prochain, qui prendra ses fonctions en janvier 2009, devra mettre fin à une situation humainement intolérable et juridiquement intenable", relève l'organisation en appelant "tous les candidats en lice pour les primaires à s'engager à fermer Guantanamo". AP

tl/com




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