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actu & culture


BOGOTA - samedi 05 janvier 2008 à 13h13

Les FARC reconnaissent ne plus avoir le petit Emmanuel et accusent Uribe de l'avoir fait enlever


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Les guérilleros des FARC ont reconnu vendredi soir qu'ils ne détenaient plus le petit Emmanuel, fils de l'otage Clara Rojas, et ont accusé le président colombien de l'avoir fait enlever pour faire capoter l'opération de libération organisée par son homologue vénézuélien.

Dans un communiqué date du 2 janvier et diffusé vendredi soir sur le site Internet de l'Agence bolivarienne de presse (APB, proche des FARC), la guérilla accuse Alvaro Uribe d'avoir "enlevé l'enfant Emmanuel avec l'intention déplorable de saboter sa libération".

Selon les Forces armées révolutionnaires de Colombie, "l'opinion publique nationale et internationale comprend très bien qu'Emmanuel ne pouvait rester au milieu des opérations guerrières du Plan Patriote" (les combats que l'armée colombienne mène contre la guérilla, NDLR), raison pour laquelle le petit garçon, qu'on pense être âgé de trois ans, avait été "installé à Bogota et confié à d'honnêtes gens jusqu'à ce que soit signé l'accord humanitaire".

Ces déclarations des FARC viennent cependant contredire le déroulement des faits tels que présentés par Bogota, documents à l'appui: Emmanuel, alias Juan David Gómez Tapiero, avait été confié en juillet 2005, en très mauvaise santé, à un hôpital d'El Retorno, localité en pleine zone d'influence des FARC et située à 290km au sud-est de la capitale.

Quant à José Crisanto Gomez, l'homme qui avait emmené "Juan David" à l'hôpital, il était sous la garde de la justice colombienne à Bogota ainsi que sa famille, car les FARC les rechercheraient pur récupérer l'enfant.

Vendredi, l'ADN semblait donner raison à M. Uribe: les autorités colombiennes avaient fait savoir que les analyses ADN pratiquées confirmaient que le petit garçon en question est bien Emmanuel, fils de Clara Rojas, conçu et né en captivité.

L'analyse génétique montre une concordance "absolue" entre l'ADN mitochondrial de la mère de Clara Rojas et le petit garçon, ce qui signifie qu'il existe "une très forte probabilité" que "l'enfant appartienne à la famille Rojas", selon les termes du procureur fédéral de Colombie Mario Iguaran.

"C'est mon neveu", a déclaré à la presse Ivan Rojas, frère de Clara. Il disait ne plus attendre que la seconde analyse destinée à confirmer ces premiers résultats, confiée à un laboratoire espagnol qui doit faire parvenir ses conclusions d'ici deux semaines.

Malgré cet impressionnant cafouillage qui met à mal la crédibilité des FARC, et par contrecoup celle de Hugo Chavez, la guérilla affirme que le processus de libération de Clara Rojas et de la parlementaire Consuelo González de Perdomo "suivra son cours", faisant part de sa "détermination" à le faire.

Elle réclame également au président vénézuélien de "maintenir en vie l'espoir de l'échange et de l'accord humanitaire", alors que l'échec de l'opération de récupération montée par Hugo Chavez à Villavicencio offre une victoire à Alvaro Uribe.

L'"opération Emmanuel" avait été suspendue lundi. Alors que les FARC en imputaient l'échec à des opérations de l'armée colombienne, M. Uribe avait créé la surprise en divulguant qu'Emmanuel n'était plus aux mains de la guérilla mais qu'un enfant confié à l'Assistance publique colombienne était sans doute le fils de Clara Rojas. AP

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