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Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a parcouru 346.000 kilomètres et s'est rendu sur six continents au cours de sa première année passée à la tête de l'organisation mondiale, gagnant une réputation de bourreau de travail, d'ardent avocat de la paix au Darfour et de la lutte contre le changement climatique.
Pourtant, au siège de l'ONU, il a eu plus de mal à faire avancer ses objectifs internes: changer la culture onusienne et remodeler une énorme machine bureaucratique, où 192 pays ont souvent des intérêts opposés, pour que l'organisation puisse mieux répondre à l'évolution rapide du monde d'aujourd'hui.
Bien qu'il soit un infatigable globe-trotter -132 jours passés en déplacement dans 39 pays ou territoires-, le Sud-Coréen Ban Ki-moon n'a pas encore une notoriété à la hauteur de celle de son prédécesseur, le Guanéen Kofi Annan. Même s'il faut reconnaître que ce dernier n'était guère plus connu au niveau international au terme de sa première année de mandat. M. Ban doit encore devenir un adepte de la "petite phrase" qui marque, nécessaire pour se faire une réputation.
Aux dires de tous, son plus grand succès a été d'attirer l'attention de l'opinion publique internationale sur l'impact dramatique du changement climatique -des glaciers qui fondent dans l'Antarctique à la disparition d'une grande partie du lac Tchad-, et d'inciter les hommes politiques à lancer des négociations sur un nouveau traité visant à limiter le réchauffement.
Dans un message résumant sa première année à la tête de l'ONU, Ban Ki-moon a qualifié l'accord conclu début décembre à la conférence de Bali sur le changement climatique de "réussite de l'année". Pour John Sawers, ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l'ONU, M. Ban "a joué un rôle personnel à Bali pour trouver une solution dans un jeu très difficile et complexe, et une solution qui a dépassé les attentes initiales de nombreux acteurs".
Le diplomate britannique voit un même engagement sur le Darfour. "Personne ne peut douter de l'énergie et de l'engagement qu'il a déployés sur le Soudan" pour tenter de mettre fin à un conflit de près de cinq ans qui a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés. Ban Ki-moon a fait face au "régime profondément récalcitrant de Khartoum (...) et a été plus tenace que de précédents secrétaires généraux dans des situations similaires", a ajouté M. Sawers.
Le secrétaire général de l'ONU a lui-même reconnu qu'aucun dossier politique ne lui avait pris autant de temps en 2007 que le Darfour. Il y a un an, a-t-il rappelé, il n'y avait aucune avancée vers la paix. Aujourd'hui, des pourparlers ont commencé, même sans certains des principaux protagonistes, et une force de maintien de la paix ONU-Union africaine, qui devrait compter à terme 26.000 hommes, commencera à se déployer le 1er janvier 2008.
"Le défi pour l'année qui vient, c'est de travailler sans interruption avec le gouvernement soudanais, les mouvements rebelles, les représentants de la société civile et les dirigeants régionaux, ainsi qu'avec le Conseil de sécurité de l'ONU et la communauté internationale, pour s'assurer du succès final des discussions et de la mission militaire", souligne Ban Ki-moon dans son message.
A l'avenir, il devra faire face à de nombreux défis auxquels il n'a pas encore su répondre. En remplaçant Kofi Annan le 1er janvier 2007, l'ancien chef de la diplomatie sud-coréenne avait dit vouloir être un "bâtisseur de ponts" entre pays riches et pauvres. Mais dans ce domaine, ses débuts ont été difficiles. Parmi les couacs, il n'a pas su réagir à l'exécution de Saddam Hussein, il a tardé pour procéder à des nominations et a essayé de faire passer des réformes sans avoir suffisamment consulté les Etats membres. AP
pyr/v62/tl
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