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Coup d'envoi de la première phase de l'opération "humanitaire" destinée à récupérer les trois otages des FARC. Ralentie par des détails logistiques et des raisons de sécurité, la mission très médiatisée a finalement démarré vendredi avec le décollage de deux hélicoptères vénézuéliens pour la Colombie. Mais la libération ne devrait pas intervenir avant le week-end.
"L'opération a débuté. Un grand espoir accompagne ces deux hélicoptères", a déclaré Hugo Chavez, peu après le décollage des deux appareils de l'aéroport de Santo Domingo, ville située dans l'ouest du Venezuela, non loin de la frontière colombienne.
"Nous allons récupérer ces trois personnes dans les prochains jours", a ajouté le président vénézuélien, portant son uniforme et son béret rouge de ses années de parachutiste, avec à ses côtés le réalisateur américain Oliver Stone et un groupe d'observateurs internationaux.
Les deux hélicoptères vénézuéliens MI-172 de fabrication russe portaient l'emblème de la Croix-Rouge et le drapeau vénézuélien.
Hugo Chavez a baptisé cette délicate mission "opération Emmanuel", du prénom de l'enfant né en détention d'une otage, Clara Rojas, collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, et semble-t-il d'un rebelle des FARC.
La guérilla s'est engagée à remettre aux autorités vénézuéliennes le garçonnet, âgé d'environ trois ans, sa mère ainsi qu'une parlementaire, Consuelo Gonzalez. Les deux femmes ont été enlevées il y a près de six ans par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), en même temps qu'Ingrid Betancourt, ex-candidate à l'élection présidentielle colombienne.
Selon les modalités décrites par le président vénézuélien, l'opération doit se dérouler selon un scénario précis. Les deux hélicoptères vénézuéliens, partis de Santo Domingo, devaient se rendre à Villavicencio, ville du centre de la Colombie transformée en base aérienne coordinatrice de l'opération.
Vendredi après-midi, le président Chavez, accompagné de l'ancien président argentin Nestor Kirchner et du réalisateur américain Oliver Stone, s'est donc rendu à l'aéroport de Santo Domingo où il a lui-même inspecté les deux hélicoptères, avant leur décollage pour Villavicencio.
Lors de cette visite d'inspection à Santo Domingo, ville située dans l'ouest du Venezuela,, Hugo Chavez a plaisanté avec M. Kirchner, a entonné une chanson de façon impromptue et a montré, sur une carte étalée à même le sol, divers endroits en Colombie.
"Faites décoller les hélicoptères", a lancé Hugo Chavez. "Nous ne voulons pas perdre de temps." Puis, les deux appareils, à bord desquels devaient prendre place des observateurs internationaux de France, de Suisse et de six pays latino-américains et des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), se sont envolés à destination de la Colombie.
Une fois à Villavicencio, où des dizaines de journalistes, photographes et équipes de télévision attendent le coup d'envoi de l'opération, les deux appareils devaient attendre les instructions qui leur seront données dans la journée de samedi. Une fois le feu vert donné, les deux appareils s'envoleront pour la jungle, à destination d'un lieu qui sera tenu secret jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité.
Pour sa part, le chef des négociateurs colombiens Carlos Luis Restrepo se trouvait déjà à Villavicencio où il a assuré que son gouvernement soutenait pleinement l'opération et que l'armée colombienne n'interférerait pas dans le processus.
Pour des raisons de sécurité, a expliqué Hugo Chavez, les guérilleros ont exigé que les pilotes vénézuéliens ne soient informés qu'une fois en vol de leur(s) destination(s). Pour éviter de fournir trop d'informations aux autorités colombiennes, les FARC pourraient en effet donner plusieurs lieux de rencontre potentiels. AP
sop/V/nc
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