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actu & culture


CARACAS - vendredi 28 decembre 2007 à 19h27

Otages des FARC: l'"opération Emmanuel" se fait attendre


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L'opération "humanitaire" destinée à récupérer les trois otages dont les FARC ont promis la libération tarde à démarrer. La mission très médiatisée proposée par le président vénézuélien Hugo Chavez, avec l'accord de Bogota, semblait ralentie vendredi par des détails logistiques et des raisons de sécurité, et son coup d'envoi pourrait n'être donné que durant le week-end.

Chavez a baptisé cette délicate mission "opération Emmanuel", du prénom de l'enfant né en détention d'une otage, Clara Rojas, collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, et semble-t-il d'un rebelle des FARC.

La guérilla s'est engagée à remettre aux autorités vénézuéliennes le garçonnet, âgé d'environ trois ans, sa mère ainsi qu'une parlementaire, Consuelo Gonzalez. Les deux femmes ont été enlevées il y a près de six ans par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), en même temps qu'Ingrid Betancourt, ex-candidate à l'élection présidentielle colombienne.

Selon les modalités décrites par le président vénézuélien, l'opération devrait se dérouler selon un scénario précis. Deux hélicoptères vénézuéliens MI-17 de fabrication russe doivent décoller de Santo Domingo, du côté vénézuélien de la frontière, à destination de Villavicencio, ville du centre de la Colombie transformée en base aérienne coordinatrice de l'opération.

Avant leur décollage de Santo Domingo, les hélicoptères doivent être inspectés par le président Chavez en personne. Une fois à Villavicencio, où des dizaines de journalistes, photographes et équipes de télévision attendent le coup d'envoi de l'opération, les deux appareils repartiront pour la jungle, à destination d'un lieu qui sera tenu secret jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité.

A bord de ces hélicoptères, portant l'emblème de la Croix-Rouge à la demande des autorités colombiennes, se trouveront des observateurs internationaux de France, de Suisse et de six pays latino-américains, dont l'ancien président argentin Nestor Kirchner, le chef des négociateurs colombiens Carlos Luis Restrepo et des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Après avoir promis une libération pour jeudi soir, le président vénézuélien espérait désormais récupérer les otages dans la journée de vendredi (en soirée heure française). "Nous espérons les secourir et les libérer dans les heures qui viennent", a-t-il déclaré vendredi à la mi-journée en s'adressant aux troupes vénézuéliennes à Caracas, coiffé à nouveau pour l'occasion du béret rouge de ses années d'armée.

Pour des raisons de sécurité, a expliqué Hugo Chavez, les guérilleros ont exigé que les pilotes vénézuéliens ne soient informés qu'une fois en vol de leur(s) destination(s). Pour éviter de fournir trop d'informations aux autorités colombiennes, les FARC pourraient en effet donner plusieurs lieux de rencontre potentiels.

La lenteur du processus de libération des deux femmes et de l'enfant montre le niveau de complexité logistique requise par les FARC afin de laisser filtrer le moins d'informations possibles sur leurs camps, leurs combattants et les lieux de détention de leurs otages. Ce qui explique que, malgré l'empressement de Chavez, l'opération pourrait n'avoir lieu que durant le week-end.

Les guérilleros, "par dessus tout, veulent s'assurer que cette opération -ou les informations sur eux qui pourraient en être déduites- ne puissent pas être utilisées militairement par le gouvernement (colombien)", a expliqué Alfredo Rangel, directeur de la Fondation pour la Sécurité et la Démocratie, groupe de réflexion basé à Bogota.

Selon toute vraisemblance, les trois otages ont été emmenés loin de leur(s) habituel(s) camp(s) de détention en vue de leur libération, a ajouté cet expert. AP

sop/V/nc




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