Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Plus de deux mois après son retour au Pakistan, Benazir Bhutto a été tuée jeudi dans un attentat-suicide qui a coûté la vie à au moins 20 autres personnes à Rawalpindi, après un meeting électoral, selon un membre du Parti populaire pakistanais (PPP).
L'assassinat de l'opposante et ex-Premier ministre pakistanais âgée de 54 ans plonge la campagne pour les législatives du 8 janvier dans le chaos et suscite la crainte de manifestations massives et d'une flambée de violences dans le pays.
L'attentat a été commis quelques minutes après l'intervention de Mme Bhutto devant des milliers de partisans rassemblés dans la ville de Rawalpindi, non loin d'Islamabad. La dirigeante de l'opposition a été touchée par balles au cou et à la poitrine à l'issue d'une réunion électorale par un kamikaze qui s'est ensuite fait exploser, a affirmé Rehman Malik, un conseiller de Mme Bhutto à la sécurité.
Mais Javel Iqbal Cheema, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a déclaré à la télévision pakistanaise que Mme Bhutto était morte quand un kamikaze avait frappé son véhicule. Au moins vingt autres personnes ont été tuées dans la déflagration.
Benazir Bhutto "est décédée à 18h16", a déclaré Wasif Ali Khan, qui se trouvait à l'hôpital général où l'opposante avait été transportée, grièvement blessée, pour être opérée.
Des partisans de l'ex-Premier ministre présents dans l'établissement ont commencé à scander "Assassin, assassin, Musharraf", en référence au président Pervez Musharraf, principal adversaire politique de Mme Bhutto. Fous de colère, certains ont cassé la porte vitrée de l'entrée des urgences tandis que d'autres éclataient en larmes. Un homme la tête ceinte du drapeau du PPP se frappait la poitrine. "Les chirurgiens ont confirmé qu'elle était devenue un martyr", a affirmé le sénateur Babar Awan, avocat de l'opposante.
"Nous avons informé à plusieurs reprises le gouvernement" qu'il fallait assurer sa sécurité et "fournir des équipements appropriés" mais ils n'ont pas "tenu compte de nos demandes", a dénoncé Rehman Malik.
Nawaz Sharif, autre dirigeant de l'opposition et ancien chef du gouvernement, s'est rendu à l'hôpital. Il a assuré les partisans de la défunte qu'il se tenait à leurs côtés "pour venger sa mort", alors que des manifestations de colère étaient notamment signalées à Peshawar et Karachi.
Des centaines de policiers anti-émeutes étaient mobilisés à des points de contrôle à l'occasion du rassemblement, la première réunion publique de Mme Bhutto à Rawalpindi, ville voisine d'Islamabad depuis son retour au Pakistan. En novembre, l'opposante avait envisagé de tenir un rassemblement à Rawalpindi mais le président Musharraf l'avait contrainte à annuler la réunion, pour des raisons de sécurité.
Après l'attentat de jeudi, la police a bouclé la rue tandis que des secouristes transportaient des victimes vers des ambulances. Un journaliste de l'Associated Press présent sur place a dénombré une vingtaine de corps, dont ceux de policiers, ainsi que de nombreux blessés.
Benazir Bhutto avait été élue à la tête du gouvernement pakistanais en 1988 et réélue en 1993. Après huit ans d'exil volontaire, elle était rentrée au Pakistan le 18 octobre. Un attentat-suicide avait alors fait plus de 140 morts parmi ses partisans venus l'accueillir en masse à Karachi, dans le sud du pays. Mme Bhutto en avait réchappé. AP
st/v/cr/v304/336
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|